‹ La Vie des saintsChapitre 273 sur 536 · SAINT PIERRE DE LUXEMBOURG · texte numérisé non relu

SAINT PIERRE DE LUXEMBOURG

Ce saint, qui eut une vie si humble et austère, appartenait à cette illustre famille de Luxembourg qui a fourni des souverains à la Hongrie, à la Bohême et à l’Allemagne. Il naquit, le 20 juillet 1369, à Ligny en Barrois. Orphelin dès le bas âge, il fut élevé par sa tante, Jeanne, comtesse d’Orgières, dans les sentiments et la pratique delà plus vive piété. Il faisait ses études à Paris, lorsque son frère, le comte de Saint-Pol, qui devait plus tard devenir connétable de France, fut fait prisonnier par les Anglais ; se rendant aussitôt à Calais, il s’offrit comme otage jusqu’à ce que son frère eût rassemblé sa rançon. Bientôt sa réputation de sainteté ainsi que l’illustration de sa famille portèrent plusieurs évêques à se l’attacher par quelque dignité : ainsi il fut archidiacre de Dreux et de Chartres. Clément VII, qui était reconnu pour pape en France, le nomma évêque de Metz (1385), malgré son extrême jeunesse, en lui donnant un suffragant qui exerçait en son nom les fonctions qui requièrent le caractère épiscopal. Pierre se fit surtout remarquer par sa libé-

7 juillet. — SAINT PANTÈNE.

ralité envers les pauvres, qu’il considérait comme les véritables propriétaires de ses revenus. Malgré sa bonté et sa charité, quelques villes se révoltèrent contre lui, et il fallut les faire rentrer dans le devoir par les armes ; il en fut si affligé qu’il dédommagea, au moyen de son patrimoine, les victimes de la rébellion.

Cependant, ses vertus attirèrent encore une fois l’attention de Clément VII, qui l’appela à Avignon, lui fit des remontrances sur l’excès de ses mortifications, et le nomma cardinal. Dix mois plus tard, il fut pris d’une maladie qui fut aussitôt jugée mortelle : il réunit ses serviteurs, leur demanda pardon, en signe de parfaite humilité, puis il expira, le 2 juillet 1387.

Page 1