‹ La Vie des saintsChapitre 28 sur 536 · SAINT VINCENT · texte numérisé non relu

SAINT VINCENT

Huesca, en Aragon, se glorifie à bon droit d’avoir vu naître ce glorieux martyr. Petit-fils d’un personnage consulaire et neveu de saint Laurent, il fut nourri dans les bonnes études à Saragosse par l’évêque Valère, qui l’employa surtout à la prédication. Quoique simple diacre, il acquit, grâce à un caractère droit et ferme ainsi qu’à une éloquence naturelle, beaucoup d’influence sur ses compatriotes ; il en porta la peine et la louange. L’application des terribles édits de persécution, arrachés par Galère à la faiblesse de Dioclétien, eut pour ministre dans la péninsule Dacien, qui y fut envoyé en 304.

Valère et Vincent devaient être les premières victimes de sa férocité. Ils comparurent devant lui à Valence. L’évêque, affaibli par l’âge et les infirmités, répondit à peine et fut condamné au bannissement. Le diacre, jeune et fort, confessa hardiment sa croyance, et protesta de son ardent désir de verser son sang pour elle. Dacien, âme vile et méchante, l’exauça avec des raffinements incroyables de barbarie. Mis à nu et lié sur un chevalet, Vincent eut d’abord le corps étiré par haut et bas et les membres disloqués, puis il fut tenaillé de place en place avec des crocs de fer; en-

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