‹ La Vie des saintsChapitre 27 sur 536 · SAINTE AGNÈS · texte numérisé non relu

SAINTE AGNÈS

(( Dans cette même victime, nous avons à la fois une martyre de la pudeur et une martyre de la religion. » Ainsi parle d’Agnès un illustre docteur, saint Ambroise, en écrivant l’éloge de la chasteté. Aussi bat-on regardée de tous temps avec admiration comme un lis dont l’éclatante blancheur est encore rehaussée par le sang du sacrifice.

Agnès était née à Rome, d’une bonne famille, qui l’éleva dans la piété. Riche de qualités et d’attraits, elle sortait à peine de l’adolescence quand elle fut recherchée en mariage par des jeunes gens de la première distinction. Ceux-ci, voyant qu’elle était fermement résolue à consacrer sa personne au Seigneur, la dénoncèrent comme chrétienne, persuadés qu’il suffirait de l’effrayer pour la faire changer d’avis. Il n’en fut rien : ni les menaces, ni l’appareil des instruments de torture n’ébranlèrent sa constance. Par ordre de Symphronius, préfet de la ville, elle fut con-

chute, comme dernière épreuve, dans un lieu d’infamie; mais là encore, elle triompha par sa seule ‘vertu de ceux qui osèrent l’approcher, et même l’un d’eux, ayant porté la main sur elle, tomba frappé de cécité. Outré d’avoir été vaincu par une enfant, le préfet la condamna à périr par le glaive. Sur la place de l’exécution, tous les habitants versaient des larmes ; les bourreau hésitait à remplir son office, cc En recevant le coup mortel, rapporte son panégyriste, elle s’enveloppe de son vêtement ; elle est morte, et la pudeur veille encore ; elle tombe sur ses genoux, et sa main inanimée couvre son visage. » On a placé son martyre à la date du 21 janvier 304. Sous le règne de Constantin, une église, qui subsiste encore, lui fut dédiée à Rome, avec rang de basilique.

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