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SAINT BONAVENTURE

DOCTEUR DE L’ÉGLISE

L’onction céleste qui semble couler du cœur de ce saint et les traits enflammés qui s’échappent de sa bouche font fait surnommer le Docteur séraphique.

Il naquit en 1221, à Bagnorea, en Toscane. Son père s’appelait Jean Fidenza et sa mère Marie Ritelli, tous deux recommandables par leur piété. Il reçut au baptême le nom de Jean, mais il porta ensuite celui de Bonaventure parce que saint François d’Assise, qui l’avait guéri miraculeusement d’une maladie dangereuse, prédit au jeune enfant toutes

14 juillet. — SAINT BONAVENTURE.

les grâces dont le comblerait la divine miséricorde, et s’écria dans un ravissement prophétique : O bona ventura (La bonne rencontre) ! Consacré à Dieu par le vœu de sa mère, il entra, en 1243, chez les franciscains, et fut envoyé à Paris pour y achever ses études. La conduite du disciple était si pure qu’ Alexandre de Haies, son maître, avait coutume de dire qu’il ne paraissait pas qu’il eût péché en Adam. Il se rendit très habile dans la philosophie scolastique ; il joignait beaucoup de pénétration à un jugement exquis, ne s’attachant, dans les matières

Fig. 144. — Sceau de la Faculté de théologie de Paris. XIVe siècle.

les plus subtiles, qu’au vrai et au nécessaire. Bien qu’il possédât à un haut degré l’esprit de mortification et qu’il pratiquât des austérités extraordinaires, on remarquait sur son visage un air de gaieté qui provenait de la paix intérieure de son âme.

A vingt-trois ans, Bonaventure fut chargé d’une chaire de théologie dans l’université de Paris. Il enseignait au même temps que saint Thomas d’Aquin. Les vertus de l’un et de l’autre, la communauté de leurs emplois, les engagèrent dans les liens d’une vive amitié; ils aimaient à s’entretenir de leurs desseins et de leurs ouvrages. Thomas lui ayant demandé un jour dans quels livres il étudiait : (( Voilà, )) répondit son ami en montrant un crucifix, « la source où je puise mes connaissances ; j’étudie Jésus, et Jésus crucifié. » Louis IX s’empressa de les accueillir

tous deux ; il les invitait à sa table et les consultait sur des cas difficiles. Bonaventure composa, à la prière et pour l’usage du roi, un office de la Passion, ainsi que la règle des religieuses de Longchamps, que gouvernait Isabelle de France. Il venait de recevoir le bonnet de docteur lorsqu’il fut élu général de son ordre (1256). Saisi d’une vive douleur à cette nouvelle, il se prosterna par terre, les yeux baignés de larmes, et, après avoir ardemment imploré le secours de Dieu, il se mit en route pour Rome.

Quoique jeune encore, Bonaventure s’acquitta de ses fonctions avec tant de prudence et de sagesse qu’il parvint à rétablir la discipline régulière, dont on s’était déjà trop relâché. Afin d’étendre les limites de la domination chréti enne, il envoya quelques-uns de ses religieux prêcher l’Evangile parmi les infidèles. A la mort de Clément IV, qui l’estimait à ce point de vouloir lui donner l’archevêché d’York, le saint-siège resta vacant pendant deux années ; les cardinaux s’étant engagés à élire celui que désignerait Bonaventure , il proposa un archidiacre de Liège alors en Palestine, et celui-ci en effet ceignit la tiare sous le nom de Grégoire X (1271). Quelques mois plus tard, le nouveau pape le nomma cardinal et évêque d’Albano;les nonces, chargés de lui remettre les insignes de sa dignité, le rencontrèrent dans un couvent voisin de Florence, occupé à laver la vaisselle du réfectoire comme un frère lai. Un concile général avait été convoqué à Lyon pour la réunion des Eglises grecque et latine; il s’y trouva cinq cents évêques, soixante-dix abbés, le roi Jacques d’Aragon et les ambassadeurs de plusieurs princes. Saint Thomas d’Aquin s’y rendait lorsque la mort le frappa en route. Quant à saint Bonaventure, il accompagna le pape et harangua le premier l’assemblée. Puis il eut des conférences avec les députés des grecs, qui acquiescèrent à tout ce qu’on exigeait d’eux, charmés de sa douceur autant que convaincus de la solidité de ses raisons. Par malheur, il tomba malade à la quatrième session, et mourut, le 15 juillet 1574, âgé de cinquante-trois ans. Grégoire X et tous les pères du concile assistèrent à ses funérailles. Canonisé en 1482 par Sixte IV, il fut mis au rang des docteurs par Sixte-Quint. C’est un des patrons de la ville de Lyon, qui lui a dédié une de ses belles églises.

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