‹ La Vie des saintsChapitre 280 sur 536 · SAINT SUAS · texte numérisé non relu

SAINT SUAS

Silas, appelé quelquefois Silvain, fut du nombre des soixante-douze disciples de Jésus. D’un naturel doux et conciliant, il était très propre à instruire et à exhorter les nouveaux convertis. Membre de l’Église de Jérusalem, il assista, en l’an 51, au premier concile tenu par les apôtres, et fut envoyé, avec Juda, à Antioche, pour y porter la décision d’après laquelle les chrétiens étaient exempts d’observer certaines prescriptions de Moïse. Dès lors il s’attacha à saint Paul par les liens de l’admiration et de l’amitié, et l’accompagna dans son premier voyage à travers l’Asie Mineure. En 52, il le suivit en Macédoine. Arreté à Philippes, il vit s’ouvrir les portes de sa prison quand il eut été reconnu pour citoyen romain. Après avoir échappé aux persécutions des juifs de Thessalonique, il alla rejoindre son maître à Corinthe, l’aida beaucoup dans la prédication de l’Évangile, et ce fut là probablement qu’il mourut, vers 54 ou 56.

La mémoire de saint Silas a toujours été en grande vénération dans l’Église.

SAINT EUGÈNE

Après la mort de Gfenseric, roi des Vandales, son fils Huneric permit aux catholiques de Carthage d’élire un évêque ; leur choix unanime tomba sur Eugène, prêtre et citoyen de la ville (481), que tous estimaient le plus capable de résister aux ariens et de soutenir, s’il le fallait, le poids de la persécution. Leur attente ne fut pas trompée, car ils eurent en lui un pontife de sainte vie, doux, bienfaisant, digne d’être aimé et respecté. Ces qualités mêmes, qui le rendaient populaire à Carthage, éveillèrent la jalousie des évêques ariens, qui inventèrent contre lui mille calomnies pour le perdre dans l’esprit du roi. Huneric n’était que trop disposé à les écouter. Ce fut alors un bannissement général de tous ceux qui refusèrent d’embrasser l’hérésie : évêques, prêtres, diacres, fidèles

furent envoyés en Sicile, en Sardaigne, ou dans les déserts de l’Afrique, et cela au nombre de plusieurs milliers.

Eugène n’avait pas été compris dans cette première persécution. Huneric convoqua un concile et s’appuya sur les prétendues décisions d’évêques qui lui étaient dévoués pour fermer les églises des catholiques, confisquer leurs biens, interdire leurs assemblées, condamner au feu leurs écrits (484). Ayant protesté, l’évêque de Carthage fut jeté en prison, puis relégué aux environs de Tripoli. Après trois ans de souffrances cruelles, il put rentrer dans son diocèse, sous le règne de Gondamond. Mais avec Trasimond, qui lui succéda en 49G, les persécutions recommencèrent. Eugène, obligé de disputer en présence du roi avec le patriarche des ariens, le confondit et le réduisit au silence. Ce triomphe valut au saint évêque une condamnation à mort. Au moment de' l’exécution, un envoyé du palais vint lui demander quelle était sa résolution dernière. «Je suis prêt, )) répondit-il, « à perdre la vie plutôt que la foi. » Trasimond, soit honte de faire périr un juste, soit pour lui refuser la joie du martyre, se contenta de l’exiler. Eugène se retira à Alby, dans la première Aquitaine. Il mourut en paix, le 13 juillet 505, au village de Viane, où l’on rapporte qu’il avait fondé un monastère.

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