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SAINTE MARIE-MADELEINE

C’était une Galiléenne, du nom de Marie, née à Magdala, sur les bords du lac de Génésareth. Sa vie fut celle d’une grande pécheresse, jusqu’au jour oh elle entendit parler de Jésus, de ses prédications et de ses miracles. Pleine de confiance, elle alla vers lui comme à son sauveur, car sa vie de plaisirs lui pesait, et elle espérait en ses conseils.

Un jour ayant appris que Jésus était à table chez Simon le pharisien, Madeleine entra, ayant à la main un vase d’albâtre plein d’une huile

Fig. 159. — Marie-Madeleine après avoir répandu des parfums sur les pieds du Sauveur, les essuie avec ses cheveux. Gravure de Marc-Antoine.

D’après un dessin de Raphaël. XVIe siècle.

odoriférante. Et s’agenouillant à côté du Seigneur, elle se mit à pleurer; elle lui arrosait les pieds de ses larmes, les baisait, y répandait les parfums et les essuyait avec ses cheveux. Et comme le pharisien pensait en lui-même : (( Si cet homme était vraiment prophète, il saurait ce qu’est la femme qui l’approche ainsi, )) J ésus lui dit, après avoir d’abord expliqué sa pensée par une parabole : « Vois-tu cette femme? Je suis entré chez toi, et tu ne m’as pas apporté l’eau pour me laver les pieds; elle a arrosé mes pieds de larmes, et elle les a essuyés avec ses cheveux. Tu ne m’as pas donné de baiser, elle n’a pas cessé de baiser mes pieds. Tu n’as pas oint ma tête d’huile, elle a couvert mes pieds de parfums. C’est pourquoi je te dis que tous ses péchés lui sont remis; et cela, parce qu’elle a beaucoup aimé. )) Puis se tournant vers Madeleine : « Tes péchés te sont pardonnés, )) dit-il. « Ta foi t’a sauvée. Va en paix. ))

Depuis ce moment, elle ne cessa, avec quelques saintes femmes, Jeanne, femme de Chuzas, Suzanne et d’autres, d’accompagner Jésus en même temps que les apôtres, à travers la Judée, et comme elle était riche, elle vendit ses biens pour subvenir aux besoins de son divin Maître. Elle se trouvait au pied de la croix avec la sainte Vierge et Marie Cléophas, et, quand Jésus eut rendu le dernier soupir, elle alla préparer des aromates pour l’embaumer. Elle revint au sépulcre le troisième jour, au soleil levant, et voyant qu’il était vide, elle éclata en sanglots répétant : (( On a pris le corps du Seigneur ! )) Elle alla prévenir deux des apôtres, Pierre et Jean, qui vinrent s’assurer de la vérité de ses paroles, puis s’en retournèrent. Madeleine resta, ne pouvant s’arracher du lieu où le corps avait reposé. Deux anges lui apparaissent qui s’informent du sujet de sa peine : « C’est qu’ils ont enlevé mon Seigneur, répondit-elle, et je ne sais où ils l’ont mis. » S’étant ensuite retournée, elle vit Jésus lui-même ; elle ne le reconnut point, le prenant pour le jardinier. Mais quand Jésus l’eut appelée par son nom (( Marie! » un tressaillement se fit en elle; c’était la voix du Seigneur. (( O mon maître! » s’écria-t-elle, et elle voulut se jeter à ses pieds. « Ne me touchepas, )) dit Jésus, (( jene suis pasencore monté à mon Père. Mais va trouver mes frères et dis-leur que je vais monter vers mon

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