SAINTE CHRISTINE
Elle était de Tur ou Thyro, ancienne ville de la Toscane, située sur les bords du lac Bolsena, mais qui depuis a été détruite par les inondations. Son père, préfet de la ville, s’appelait Urbain; il devint luimême le bourreau de sa fille. Vers l’âge de dix ans, ayant embrassé la loi chrétienne, elle enleva de la maison les idoles d’argent, les brisa et en distribua le prix à ses frères pauvres. Cette action jeta son père
dans une fureur si violente qu’il la livra sur-le-champ aux persécuteurs. Quelque jeune qu’elle fût, l’enfant, animée d’un rare courage, supporta sans faiblir les tourments les plus cruels, sous les yeux d’Urbain, qui semblait ne pouvoir se rassasier de ce spectacle. Il paraît cependant qu’il ne tarda pas à se repentir de sa barbarie, car on le trouva, le len demain matin, mort dans son lit, et probablement de ses propres mains.
Le nouveau préfet fut l’héritier de la cruauté d’Urbain, mais un jour qu’il avait fait traîner l’enfant au pied d’une idole en lui ordonnant de sacrifier, la statue tomba sur lui et l’écrasa. Il fallut un troisième préfet pour venir à bout de la martyre ; c’était un nommé Julien : il la fit attacher à un poteau et percer de flèches jusqu’à ce qu’elle eût rendu son âme à Dieu. Cette mort arriva un 24 juillet, l’an 300 environ, sous le règne de Dioclétien.