DIRECTEUR AU GRAND SÉMINAIRE DE COUTANCES
Monseigneur,
Quand la Maison Didot publia la vie de la Sainte Vierge, Pie IX adressa des éloges aux éditeurs et les encouragea dans une œuvre de propagande d’autant plus utile et méritoire que la mauvaise presse, loin de ralentir son ardeur, semblait multiplier ses efforts afin d’augmenter le nombre des productions malsaines, où la religion et les mœurs étaient indignement outragées.
La Vie des Saints, que la même librairie édite en ce moment, me paraît digne, pour des motifs analogues, des hauts suffrages et de l’approbation motivée de Votre Grandeur. La noblesse du sujet, la richesse de l’illustration, l’élégance des caractères, tout en un mot recommande ce bel ouvrage à votre attention.
J’ai lu avec un vif intérêt ces pages émouvantes, où est racontée l’histoire de nos héros. Chacun des jours qui composent le cycle de l’année liturgique voit apparaître un nouveau saint, avec sa physionomie, ses vertus, son influence : c’est un apôtre au zèle ardent, un martyr à la constance invicible, un confesseur à la fidélité inviolable, une vierge à la pureté sans tache. Cette phalange s’accroît d’âge en âge, et se presse autour du Verbe incarné, le modèle de toute sainteté parfaite et le centre de toute vie surnaturelle.
L’art vient au secours de l’histoire, et prodigue ses ressources pour exprimer dans son langage poétique les célestes beautés qui rayonnent sur le visage des élus, ou pour traduire avec des couleurs vivantes les actions héroïques , les faits saillants dont le souvenir se grave dans la mémoire et s’y fixe en caractères ineffaçables. Rien de plus varié, de plus attrayant que cette illustration. Tous les styles des différentes époques, depuis la miniature naïve jusqu’au chef-d’œuvre du grand maître, sont reproduits avec une rare exactitude, et forment par leurs tons nuancés une délicieuse harmonie ; le modeste enlumineur caché au fond du cloître fournit sa note, dans ce concert universel, à côté de Fra Angelico, de Raphaël, d’Andrea del Sarte.
La Vie des Saints présente un autre titre à l’approbation de l’épiscopat français : elle va contribuer, je n’eu doute pas, à faire revivre une ancienne coutume, qui est tombée en désuétude, la lecture édifiante en famille. Le texte est à la portée de tout le monde, et l’auteur, qui s’inspire surtout des Petits Bollandistes , élimine les longues controverses et l’érudition fastidieuse; il écrit pour les nombreux lecteurs qui se réunissent, le soir, autour du foyer domestique et prêtent volontiers l’oreille à des récits pieux, quand ils sont courts et intéressants.
Je suis heureux, Monseigneur, de vous rendre ce bon témoignage et de solliciter Votre Grandeur d’approuver, dans son ensemble, l’excellent ouvrage que la Maison Didot offre au public pour les étrennes.
Daignez agréer, Monseigneur, l’hommage du profond respect avec lequel j’ai l’honneur d’être,
de Votre Grandeur,
le très humble et très obéissant serviteur et fils,
Brin, p. s. s.,
Directeur au Grand Séminaire.
1er JANVIER.