‹ La Vie des saintsChapitre 4 sur 536 · SAINTE EUPHROSYNE · texte numérisé non relu

SAINTE EUPHROSYNE

Ès l’origine de l’Eglise, les femmes chrétiennes s’étaient montrées, par le zèle, les émules des hommes dans la pratique des austérités monastiques et des œuvres de miséricorde.

Tous les rangs , tous les pays fournissaient par milliers leur contingent.

« Allez dans la Thébaïde, )) disait saint Jean Chrysostome, (( vous y trouverez une solitude plus belle encore que le paradis, mille chœurs d’anges sous une forme humaine, des peuples de martyrs et des armées de vierges. )5

Parmi ces vierges héroïques empressées de mettre à l’abri du siècle

leur innocence, leurs attraits et leur amour du ciel, nous trouvons

la belle et savante Euplirosyne, d’Alexandrie. A dix-huit ans, elle se dérobe à son père Paphnuce et à son fiancé, et, afin de mieux déjouer les recherches, obtient, en se dissimulant sous des habits d’homme, d’être admise dans un monastère de religieux, dirigé par l’abbé Théodose (415). Elle y reste trente-huit ans, sans sortir jamais de sa cellule. Si grand est devenu le renom de sa sainteté, que Paphnuce vient s’adresser à elle-même pour obtenir quelque adoucissement à sa longue douleur. A la vue de ce père qui ne la reconnaît pas, elle fond en larmes et lui promet qu’il reverra bientôt sa fille. Puis, se sentant mourir, elle l’appelle près de son lit et lui révèle le secret de son sacrifice. Touché de cet exemple, Paphnuce dit adieu au monde et s’enferme à son tour dans la retraite même où Euplirosyne a rendu sa belle âme à Dieu.

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