SAINT TIMOTHÉE
En traversant la Lycaonie, saint Paul s’arrêta à Lystre et convertit plusieurs personnes à la foi chrétienne. La famille de Timothée fut de ce nombre. Timothée était un jeune homme d’une grande candeur, modeste et timide ; son intelligence et sa piété plurent à l’apôtre, qui se l’attacha et trouva toujours en lui un disciple zélé, ou plutôt un fils, comme il l’appelait, « son très cher fils, qui travaillait avec lui à l’œuvre du Seigneur ». Depuis l’an 52 jusqu’en 61, il l’emmena dans ses nombreux voyages à travers l’Asie Mineure, la Grèce et jusqu’à Rome, l’associant à ses travaux ainsi qu’à ses dangers. Quand les Juifs l’obli-
gèrent à s’éloigner de Bérée, il y laissa Timothée pour soutenir le courage des chrétiens ; puis il l’envoya à Thessalonique, à Philippes, à Corinthe, avec mission soit d’y porter un message ou une épître, soit d’y accommoder un différend ou de corriger des abus. « Vous savez, écrit-il aux Philippiens, l’épreuve que j’ai faite de lui; vous connaissez par expérience l’étendue de sa vertu et toute l’ardeur de son zèle. » En effet, dans un corps affaibli par le jeûne et sans cesse assiégé par la maladie, le disciple logeait une âme vaillante , et il fallut l’autorité du maître pour le décider à boire « un peu de vin », parce que cela était nécessaire à sa santé.
Timothée avait suivi saint Paul à Rome; il fut arreté avec lui, et retenu un assez long temps en prison. De retour en Orient, il alla s’établir à Ephèse (65). Comment il gouverna cette église dont il fut le premier évêque, et quels motifs eut saint Jean dans Y Apocalypse de lui reprocher trop de faiblesse, nous ne le savons pas ; mais l’histoire a enregistré l’acte sublime qui couronna sa vie. On célébrait en l’honneur de Diane une sorte de mascarade, où violences et outrages ne furent point épargnés aux chrétiens. Timothée, n’écoutant que son devoir, s’efforça en vain de ramener la foule à des sentiments plus humains ; elle se tourna contre lui, et il fut écrasé sous une grêle de pierres (24 janvier 97). Les deux épîtres que saint Paul lui adressa de Laodicée et de Rome respirent une vive tendresse et la plus haute raison touchant la conduite des pasteurs.
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