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SAINT POLYCARPE

On ignore l’époque et le lieu de sa naissance. De bonne heure, il fut converti à la foi, et s’attacha surtout à saint Jean, qui lui donna, vers l’an 96, l’église de Smyrne à diriger. Lorsque Ignace d’Antioche, prisonnier de Jésus-Christ, passa par cette ville avant d’être livré aux bêtes (107), il s’entretint avec Polycarpe des intérêts de son troupeau, en lui recommandant d’écrire en son nom à diverses coin-

25 janvier. — SAINT POLYCARPE.

munautés. Nous avons encore la lettre qu’il envoya aux Philippiens : elle est toute nourrie des pensées et des expressions de l’Evangile,

Fig. 13. — Saint'Timothée, martyr. Verrière du XI0 siècle.

et contient des instructions à l’usage des fidèles et des prêtres. En 159, il fit un voyage à Rome afin de régler avec le pape Anicet la date de la fête de Pâques; l’un tenant pour la tradition juive, l’autre pour

celle de saint Pierre (laquelle prévalut plus tard), ils ne purent s’entendre et se quittèrent pourtant de bonne amitié. Saint Irénée le connut probablement à cette époque, et il en fait un pompeux éloge. « Je le vois encore, dit-il : quelle gravité dans sa démarche! quelle sainteté dans sa conduite! Combien étaient puissantes les exhortations qu’il adressait à son peuple! Il me semble l’entendre nous raconter de quelle sorte il avait conversé avec Jean et .d’autres qui avaient connu le Seigneur, et nous parler de ce qu’il savait par eux de sa doctrine et de ses miracles. ))

Sous l’empereur Marc-Aurèle, une persécution violente éclata en Asie. Le vénérable évêque refusa de s’y dérober par la fuite : il alla au-devant des soldats, et fut conduit devant le proconsul Quadratus. Celui-ci ayant promis de l’épargner s’il reniait le Christ : « Voilà quatre-vingt-dix ans que je le sers, s’écria-t-il, et il m’a comblé de biens. Que sa volonté soit faite! » Il fut condamné à être brûlé vif, et comme le feu n’avait point de prise sur lui, on le tua d’un coup de poignard (janvier 166). Plusieurs de ses disciples, tels que saints Pothin, Irénée, Andoche et Bénigne, vinrent porter en Gaule le flambeau de la foi. Sa mémoire est honorée le 26 janvier.

SAINTE PAULE

Parmi les femmes destinées à jeter un dernier rayon sur la noblesse romaine, la plus illustre fut Paule, dont la mère descendait des Scipions et de Paul-Emile. Après avoir reçu une éducation digne de son antique race et de sa grande fortune, elle épousa Toxotius, qui était de la famille de Jules César, et eut un fils et quatre filles. Devenue veuve à vingt-deux ans (369), elle demeura longtemps inconsolable, et cédant aux sollicitations de sainte Marcelle, se consacra au Seigneur par l’exercice des vertus qui lui sont le plus chères. Sa libéralité se répandit largement autour d’elle : toujours occupée du soin de découvrir

SAINTE PAULE

les malheureux, elle se serait reprochée de ne point les soulager à temps dans leurs misères , se dépouillant par avance sur la terre, afin

Saint Jérôme explique les Écritures à sainte Paule et à Eustocliie, sa fille. Miniature’ (le la Bible de Charles le Chauve. IX'

de s’assurer, à elle et aux siens, l’héritage du ciel. Ce fut à son retour d’Orient (381) que saint Jérôme connut Paule; il reçut l’hospitalité dans sa maison, et dès lors commença entre eux cette affection spirituelle si profitable à leurs âmes et aux progrès de la religion. Aux envieux qui osèrent lui en faire un crime, Jérôme répondait : (( N’y avait-il dans Rome qu’une femme pénitente et mortifiée qui fût capable de me toucher? une femme desséchée par des austérités continuelles, et qui ne connaissait d’autre passe-temps que l’oraison, d’autres chants que les psaumes, d’autre entretien que l’Evangile, d’autre nourriture que le jeûne? »

La mort de Blésille, sa fille aînée, plongea Paule dans une douleur excessive ; cette perte hâta l’exécution du dessein qu’elle avait formé de tout quitter pour aller vivre dans la solitude. En compagnie de sa fille Eustochie, elle s’embarque pour la Syrie (385), visite en passant saint Epiphane dans bile de Chypre, et rejoint Jérôme à Antioche. Puis, malgré les rigueurs de l’hiver, ils parcourent ensemble la Terre sainte, descendent en Egypte, pénètrent dans le désert de Nitrie, et s’arrachent avec peine aux délices de la vie cénobitique pour revenir en Palestine (386). Ils se fixent enfin à Bethléem, et pendant que Jérôme entreprend la traduction latine de la Bible, oeuvre qu’il dédie à son amie, Paule fonde deux monastères et s’enferme dans celui des femmes, y remplissant les plus humbles offices quand elle ne se remet pas à ses anciennes études sur le grec et l’hébreu. Une vie si pleine fut couronnée par une mort douce (26 janvier 404). « Je lui demandai si elle souffrait, rapporte Jérôme; elle me répondit en grec qu’elle ne voyait rien que de calme et de tranquille. Ce furent ses dernières paroles ; ses yeux s’étaient fermés : il n’y avait plus rien sur la terre qui fût digne d’arrêter ses regards. )) 11 lui fit creuser une tombe dans le roc, et y grava ces mots : « Elle quitta tout pour vivre pauvre à Bethléem auprès de ta crèche, ô Christ! » Sa mémoire est honorée le 26 janvier.

Sainte Eustochie mourut en 410, au même couvent.

27 janvier. — SAINT JEAN CHRYSOSTOME.

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