SAINTE HÉLÈNE
Hélène, née vers 248, vivait à Dr-epanum , près de Nicomédie, dans une condition des plus humbles, lorsqu’elle attira l’attention de Cons-
Fig. 195. — Sainte Hélène, d’après Ingres. Vitrail de la chapelle de Saint-Ferdinand des Ternes, Paris. XIXe siècle.
tance Chlore, jeune officier de l’année, qui revenait de son ambassade chez les Perses. Il l’épousa, en eut un fils, Constantin, mais
18 août. — SAINTE HÉLÈNE. .
fut obligé de la répudier pour devenir empereur. Lorsque Constantin monta sur le trône (306), il fit venir sa mère près de lui et la combla de marques de respect ; elle eut le titre d’Auguste et son nom fut gravé sur les monnaies. On ne sait à quel moment elle est devenue chrétienne; peut-être l’était-elle de naissance , peut-être n’abandonna-t-elle le culte des idoles qu’après la conversion de son fils ; en tous cas , elle n’intervint
Fig. 196. — Sainte Hélène découvre la vraie croix. D'après une fresque du Pinturiccliio. XVe siècle.
qu’assez tard dans les affaires religieuses de l’Etat. Constantin, trompé par les fausses accusations de sa femme Fausta, ayant fait périr son fils Crispus, Hélène en conçut un grand chagrin; et lorsque l’empereur , dans un mouvement de sauvagerie païenne , eut cru devoir sacrifier Fausta aux mânes de son fils, elle résolut, bien qu’âgée de soixante-dixneuf ans, d’aller faire aux Lieux saints un pèlerinage d’expiation, avec le secret désir d’y retrouver la vraie croix.
Munie des pleins pouvoirs de Constantin, elle partit à la fin de l’année 326. Rien n’était triste et désolé comme l’état où la dernière con-
quête romaine avait laissé Jérusalem : on n’y voyait que des ruines ou des temples païens élevés par Adrien , superbes, mais vides ; la ville ne contenait presque plus de chrétiens. Lorsque l’impératrice demanda à être conduite au Calvaire, on ne put lui en indiquer l’endroit. Enfin, après de longues recherches , on commença des fouilles et , quelques jours plus tard, on trouva en terre , à côté les unes des autres , trois croix de bois conservées intactes. Celle qui avait porté le Sauveur fut reconnue, ainsique le rapporte saint Ambroise, à l’inscription placée autrefois par Pilate en trois langues différentes, et que l’on put encore parfaitement distinguer :
(( Jésus de Nazareth, Roi des Juifs. »
« A la nouvelle de cette découverte , )) dit M. de Broglie, (( un cri de joie s’échappa de toutes les familles chrétiennes. Dieu venait de consacrer parmi dernier miracle le triomphe déjà merveilleux de son Église. » Quel spectacle pour tous ces persécutés de la veille (( que l’instrument du supplice divin sortant tout d’un coup des entrailles de la terre, et devenant comme un signe de domination et de victoire » !
Hélène, dont on avait peu parlé jusqu’alors , devint l’héroïne du monde chrétien. On s’entretint partout de ses vertus , on s’aperçut qu’au milieu des honneurs elle avait toujours mené une vie humble et sainte. Constantin mit à sa disposition toutes ses richesses pour bâtir un monument digne de renfermer les reliques sacrées. Après avoir commencé la construction de trois églises , sur le Saint- Sépulcre , à Bethléem et au jardin des Oliviers , elle quitta les Lieux saints et mourut en allant rejoindre l’empereur, qui se trouvait alors en Illyrie (328).