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SAINTE JEANNE DE CHANTAL

Fille de Bénigne Fremiot, président à mortier du parlement de Bourgogne, elle appartenait par sa mère à la famille des Berbisey, également illustre dans l’épée et dans la robe. Elle vint au monde à Dijon, le 23 janvier 1572. Instruite dans les principes de la piété la plus solide, elle épousa, à vingt ans, le baron de Chantal aîné, de la maison de Babutin. Ils

Fig. 201. — Vue du château de Bourbilly, en Bourgogne.

se retirèrent à la campagne, au château de Bourbilly, et pendant les années qu’ils vécurent ensemble, sa vie fut celle de la femme et de la mère véritablement chrétienne. Elle savait faire le bonheur de son mari, tenir sa maison d’une façon parfaite , sans négliger aucun des stricts devoirs religieux qu’elle s’était imposés. Cette existence bénie fut soudain brisée par la mort de M. de Chantal, qu’un de ses amis tua par mégarde à la chasse ; elle se trouvait veuve, à vingt-huit ans, avec quatre enfants, un fils et trois filles.

Trouvant dans la religion la force de se résigner à son sort, M"‘° de

21 août. — SAINTE JEANNE DE CHANTAL.

Chantal fit vœu de chasteté, se réduisit aux vêtements les plus modestes, résolue à mener la vie d’une veuve selon l’Eglise. En 1604, elle vint à Dijon, et ce fut pendant ce voyage qu’elle connut saint François de Sales, pour qui elle conçut une admiration et une affection profondes,

Fig. 202. — Sainte Jeanne de Chantal. D’après Restout. XVIIe siècle.

le choisissant aussitôt pour directeur de conscience. Après un séjour à Monthelon, chez son beau-père, elle se rendit à Annecy, en 1606, où François de Sales lui exposa le grand dessein qu’il méditait depuis longtemps. Comme elle avait elle-même le plus vif désir d’embrasser la vie monastique, elle accueillit avec joie sa proposition : il s’agissait d’établir l’institut des Religieuses de la Visitation.

Sa résolution prise, elle alla faire ses adieux à sa famille. Ses filles

étaient mariées ; son fils, âgé de quinze ans, fut tellement affecté de voir sa mère le quitter pour toujours, qu’il se coucha en travers de la porte par où elle allait sortir, espérant l’arrêter et la retenir. Elle passa néanmoins, bien qu’en pleurant. Ayant ainsi triomphé du monde, elle partit pour Annecy, où l’ordre nouveau fut établi le G juin 1610. Dès l’année suivante, une seconde maison fut fondée à Lyon; en 1616, il y en avait également à Grenoble, à Bourges, à Dijon, et dans nombre d’autres villes. Dans l’intervalle, on avait ajouté à la constitution primitive le vœu de clôture, en donnant pour but actif à la congrégation l’instruction des jeunes filles, surtout de familles pauvres.

Après la mort de François de Sales, dont elle eut la plus vive douleur, elle s’occupa de rassembler ses écrits, puis elle visita les maisons déjà établies et en fonda de nouvelles. C’est ainsi que se passèrent ses dernières années. Pendant le séjour qu’elle fit à Paris en 1641, la reine, sur sa grande réputation de sainteté, désira s’entretenir avec elle. En revenant, elle tomba malade à Moulins, et mourut dans un couvent de son ordre, le 13 décembre de la même année. Elle fut canonisée en 1767, par Clément XIII, qui fixa sa fête au 21 août.

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