SAINT JULIEN DE BRIOUDE
D’une des meilleures familles de Vienne en Dauphiné, il avait un grade élevé dans une des légions romaines. Il s’encourageait dans la foi par
l’exemple du tribun militaire Ferréol, qui s’était converti secrètement. C’était sous Dioclétien; quand la persécution commença dans la province de Vienne, où le gouverneur Crispin faisait rigoureusement exécuter les décrets impériaux, Julien se retira à Brioude; là, une pieuse veuve le cacha quelque temps. Apprenant qu’on le cherchait pour l’arrêter, il sortit de la maison, préférant se dénoncer lui-même plutôt que de mettre 'son hôtesse en péril. « Me voici, » dit-il aux soldats. « Le monde 11e vaut pas la peine d’y rester plus longtemps. J e ne demande qu’à être réuni à mon Dieu. » On le conduisit hors de la ville, et, d’après la sentence rendue contre lui, il eut la tête tranchée (vers 304:). Ferréol recueillit cette tête, et, lorsqu’il eut succombé lui-même, on la plaça dans son cercueil.
Le culte du martyr se répandit promptement en France : les gens de guerre le révéraient surtout, presque à l’égal des saints Georges et Maurice. Grégoire de Tours rapporte un grand nombre de miracles obtenus par son intercession. On éleva en son honneur, dès le cinquième siècle, plusieurs églises, notamment à Brioude, dont il est le patron, à Brives, à Clermont et à Paris; celle-ci, connue sous le nom de Saint-Julien le Pauvre, était devenue la chapelle de l’hôtel-Dieu.