SAINTE PULCHÉRIE
Pulchérie ( Ælia Pidcheria ), fille d’Arcadius et d’Eudoxie, vint au monde le 16 janvier 399. Ce fut un jour heureux pour l’empire d’Orient : il donnait la naissance à une princesse qui devait en être le plus ferme soutien dans une époque de faiblesse et d’incurie.
Il sembla que son aïeul, le grand Théodose, lui eût transmis en héritage son génie et ses vertus. Pulchérie unissait aux charmes de la beauté de rares connaissances et la plus solide piété. Voulant se consacrer au service de Dieu, elle fit vœu de virginité, et porta ses sœurs à suivre son
Fig. 226. — Pulchérie, impératrice d’Orient.
exemple, de peur que leur mariage ne devînt une source de divisions pour l’Etat. Elle rendit sa résolution irrévocable par le présent qu’elle fit à l’Eglise de Constantinople d’une table d’autel, enrichie d’or et de pierreries, et sur laquelle était gravée une inscription commémorative. Une prudence naturelle, une pénétration sûre, un caractère ferme la destinèrent de bonne heure aux affaires publiques.
Créée Auguste à l’âge de quinze ans (414), Pulchérie prit en mains les rênes du gouvernement. Du sein de la retraite où elle vivait avec ses sœurs Marine et Arcadie, et sans délaisser ses exercices de dévotion ou ses devoirs de charité, elle veilla sur l’éducation de Théodose II, le jeune empereur. Elle développa en lui quelques bons instincts, le zèle religieux, l’amour de la justice, l’éloignement des plaisirs. Malheureusement la nature lui avait refusé la force d’agir par lui-même, de sorte qu’il fut presque toujours la dupe des flatteurs qui l’entouraient et ne fit, durant un long règne, rien de mémorable. Lorsqu’il fut en âge de gou-
verner, Pulchérie usa de son influence pour le préserver des dangers auxquels sa négligence l’exposait : elle préparait les décrets qu’elle lui faisait signer, et lui en laissait l’honneur. C’est elle qui le maria à la fille du sophiste Léonce, Athénaïs (baptisée sous le nom d’Eudocie), ornée de toutes les grâces du corps et de l’esprit (421). Le concile d’Ephèse,
qui condamna, en 431, l’hérésie si dangereuse de Nestorius, fut convoqué sur ses instances, et elle bâtit, en mémoire de cette condamnation, un temple sous l’invocation de la mère de Dieu. Loin de se laisser entraîner, à l’exemple de son frère, dans l’hérésie d’Eutychès, elle resta fidèle à la foi orthodoxe et défendit avec courage ceux qui étaient persécutés pour cette cause. Un favori devenu tout-puissant, Chrysaphius, noua des intelligences secrètes avec Eudocie, et parvint à rendre Pulchérie suspecte à Théodose, qui cessa de la consulter et voulut l’engager par force dans l’état de diaconesse. Avertie par saint Flavien, et pressée d’un autre côté par le pape Léon le Grand d’apporter un prompt remède aux maux de l’Eglise, elle alla au-devant de ses ennemis et parvint à dessiller les yeux de son frère sur les périls de la politique où on l’avait entraîné.