‹ La Vie des saintsChapitre 382 sur 536 · SAINT AMÉ · texte numérisé non relu

SAINT AMÉ

Amé ou Amat ( Amatus ), né vers 5G0, à Grenoble, et d’origine galloromaine, fut, presque au sortir du berceau, offert par son père Héliodore au célèbre monastère d’Agaune (Saint-Maurice, en Valais). Après avoir, durant plusieurs années, édifié la communauté par sa ferveur, il obtint la permission de se retirer aux environs, dans une cellule isolée, au haut d’un énorme rocher. « Là, toujours pieds nus et vêtu d’une peau de mouton, il ne se nourrissait que d’eau pure et de pain d’orge ; l’eau, qui jaillissait d’une source, était recueillie dans un bassin qu’il avait creusé et garni de plomb; l’orge lui venait d’un petit champ qu’il cultivait seul, et dont il broyait le grain en tournant une meule. )) En 61 A, saint Eustaise décida l’anachorète à le suivre à Luxeuil et l’associa à ses travaux apostoliques. La douceur d’Amé, sa parole éloquente et vive, son humilité, et jusqu’à la noble franchise de ses traits, lui gagnèrent tous les cœurs.

Envoyé en Austrasie pour y porter la parole de Dieu, il convertit à la vie monastique Romaric, un des plus riches seigneurs du pays ; puis il fonda, de concert avec lui, et sur un domaine qui lui appartenait, un couvent de femmes, Saint-Mont (plus tard Remiremont), le plus grand qu’on eût encore vu en Gaule. Lorsqu’il l’eut solidement établi, avec une centaine de religieuses, sous la règle de saint Coloinban, il se déchargea des fonctions abbatiales sur son ami Romaric, et choisit pour retraite une grotte ou plutôt un creux du rocher de la Courbelière, qui surplombe aujourd’hui le village de Saint- Amé. Il n’avait de communication avec personne, et sa frugale nourriture lui était descendue, à certains jours, au moyen d’une corde. Averti de sa fin prochaine, il se fit étendre sur son cilice couvert de cendres, et mourut au milieu de ses disciples, le 13 septembre 627.

On fit plusieurs translations de son corps ; la plus solennelle eut lieu en 1051, par ordre du pape saint Léon IX, qui fit insérer sa légende dans l’office du Bréviaire romain.

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