‹ La Vie des saintsChapitre 381 sur 536 · SAINT GUY · texte numérisé non relu

SAINT GUY

Quoique, selon saint Paul, il n’y ait point en Dieu d’acception de personnes, on peut dire néanmoins que les pauvres sont ceux qu’il distingue

le plus.

Saint Guy ou Guidon fut un pauvre, et l’épithète lui en est restée comme un titre d’honneur. Il naquit vers 1050, au village d’Anderlecht, près de Bruxelles. Ses parents étaient de misérables serfs , qui lui répétaient souvent ces paroles de Tobie : « Nous sommes assez riches si nous craignons le Seigneur. )> Par un esprit de perfection bien au-dessus de son âge, il passait chaque jour plusieurs heures en prière , partageait son pain avec de plus nécessiteux que lui , et se mettait au service des malades ou des affligés. On n’entendit jamais sortir de sa bouche aucune plainte sur son sort, aucune parole contraire à la modestie •chrétienne , ou qui sentît la vaine joie. Le curé de Notre-Dame de Laken , charmé de sa piété et de son recueillement, l’attacha à son -église en qualité de bedeau. L ardent désir de se rendre utile à son prochain, en augmentant la somme de ses charités, le détermina à entrer en association avec un marchand de Bruxelles. Ayant réuni quelques pacotilles, il s’embarqua pour aller les vendre en Angleterre; mais à peine eut-il quitté le port que le navire , assailli par une tempête, fit naufrage , et Guy eut beaucoup de peine à sauver sa vie. Il n’avait d’autre ressource que de regagner son église, en bénissant la Providence de l’avoir replacé dans une voie dont il ne s’était éloigné qu’avec les meilleures intentions.

Après avoir séjourné encore une dizaine d’années à Laken comme sacristain, il résolut d’aller visiter les sanctuaires de l’Italie et de la Palestine, dans le double but de faire pénitence et de se soustraire aux marques de vénération que lui attirait sa sainte conduite. A son retour de Jérusalem, il rencontra à Rome le doyen d’Anderlecht en compagnie de quelques personnes de son pays , et s’offrit à recommencer le pèlerinage des saints lieux afin de leur servir de guide. Ses compagnons suc-

combèrent à une maladie contagieuse, et il rentra en Belgique après sept années d’absence. Epuisé par les grandes fatigues de ce voyage, il ne tarda pas à mourir chez les religieux d’Anderleclit, qui l’avaient recueilli (12 septembre 1112).

SAINT MAURILLE.

Né dans le Milanais, d’une famille dont la piété égalait la noblesse, son éducation fut confiée à saint Martin, qui, après avoir quitté la Hongrie, avait fondé à Milan un monastère, où il élevait les jeunes gens dans l’étude des saintes lettres et la pratique de la vertu. Maurille eut le bonheur de trouver un maître non moins grand dans saint Ambroise, qui le ht lecteur de son église. Peu de temps après, il abandonna à sa mère tout son héritage et retourna près de saint Martin, qui venait d’être élu évêque de Tours : ce fut de ses mains qu’il reçut les ordres. Comme il restait alors beaucoup de païens aux environs d’Angers, il alla leur porter l’Evangile. Ses prédications furent bientôt fructueuses ; il réussit à faire détruire un temple, célèbre dans le pays, sur l’emplacement- duquel il éleva une église et un monastère, qui devint le prieuré de Saint-Pierre de Chalonne.

Vers la même époque, l’évêque d’Angers mourut, et sur les conseils de saint Martin, les fidèles élurent Maurille à sa place (407). Il fut assurément un pasteur plein de zèle et de dévouement, mais son épiscopat, qui ne dura pas moins de trente ans, n’est connu que par des traditions dépourvues d’authenticité. On rapporte qu’il ht de nombreux miracles, dont le plus célèbre est la résurrection d’un enfant, auquel il donna le nom de René, et qui lui succéda sur le siège d’Angers. La mort de saint Maurille fut un deuil public : il expira le 13 septembre 437, au milieu d’un grand concours de hdèles, venus pour pleurer ses derniers moments et lui demander une suprême bénédiction.

Page 1