SAINT NICOMEDE
Pétronille , fille spirituelle de saint Pierre , avait échappé par la mort aux obsessions du patricien Flaccus, qui voulait l'épouser ; Félicule, son amie, à qui Flaccus renouvela ses importunités, paya son refus du martyre. Non contents de l’avoir fait périr par la privation de nourriture et les tourments les plus cruels, les bourreaux jetèrent son corps dans un cloaque. Mais il y avait dès ce temps-là, à Rome, une société de chrétiens qui s’était donné pour mission de procurer aux dépouilles des fidèles une sépulture honorable, et l’un des plus zélés était un prêtre nommé Nicomède. U réussit à retrouver le corps de Félicule et l’enterra, non loin de Rome, sur la voie Ardéatine. Dénoncé, il reconnut qu’il avait rempli maintes fois ce même devoir ; on essaya en vain de le faire sa-
15 SEPTEMBRE. — SAINT ÈVRE.
cri fier aux dieux, soit par des menaces, soit par des promesses, et il fut condamné au supplice du fouet. Il expira sous les cordes plombées qui le déchiraient, le 15 septembre, vers l’an 71. On jeta son corps dans le Tibre, mais un clerc, du nom de Juste, le retrouva et l’inhuma dans son
Fig. 229. — Fossoyeurs des catacombes de Rome. D’après une peinture à fresque du cimetière de la voie Lavicane.
jardin, près des murs de la ville, sur la voie Nomentane, lui rendant ainsi le saint et suprême service dont il s’était tant de fois acquitté envers ses frères. Depuis, on lui a dédié à Rome une église et un cimetière.
SAINT ÈVRE.
Evre, dont on trouve encore le nom écrit Epvre ou Apre (en latin, Aper), naquit à Trancault, village qui se trouve aujourd’hui dans l’arrondissement de Nogent-sur-Seine , au diocèse de Troyes. Sa famille étant riche, il put se livrer d’une façon efficace au soulagement des pauvres ; sa charité était très vive, et quand il manquait d’argent, il distribuait ses vêtements aux malheureux. « On aurait pu, ))
dit le moine Adso, qui a écrit sa vie , (( lui appliquer ces paroles de Job : « La compassion grandit dans mon âme avec les années; elle (( est sortie avec moi du sein de ma mère. » Il avait étudié les belleslettres, puis la jurisprudence, et il était devenu un des avocats les plus renommés du pays, et le plus aimé, à cause de son désintéressement, lorsqu’il abandonna soudain sa profession pour se livrer à la théologie et à la méditation des vérités éternelles. Sa réputation de science et de sainteté se répandit au loin, et l’évêché de Toul étant devenu vacant par la mort de saint Ours, le suffrage des fidèles l’y appela vers 500, malgré ses résistances. De sa vie épiscopale ou sait peu de chose, si ce n’est qu’il se fit l’apôtre de son diocèse, d’où le paganisme n’était pas complètement extirpé. Ses courses évangéliques furent signalées par de fréquents miracles : sa mémoire est demeurée populaire dans le pays, où plusieurs églises lui sont consacrées. Déjà avancé en âge, il entreprit la construction d’une basilique aux environs de Toul, mais s’il n’en vit pas l’achèvement, ce fut là qu’il reçut la sépulture (450). Elle fut terminée par son successeur, saint Albaud, et un village s’éleva à l’entour, qui est maintenant le faubourg Saint- Epvre.