SEPTEMBRE. — SAINTE LUCIE
neur des dieux qui attiraient autour des temples toute la population païenne.
On célébrait à Chalcédoine une fête He ce genre au temple de Mars ; le prêtre Appel lien remarqua qu’une jeune fille, du ribm d’Euphémie, qu’il soupçonnait d’être chrétienne, n’avait point paru pendant la cérémonie, à la place qui lui était assignée, parmi les patriciennes. Son père était le sénateur Philophron, et toute la ville la connaissait, à cause de son rang, de sa beauté et de sa vertu.
Découverte au milieu d’une assemblée secrète de chrétiens, elle fut arrêtée, ainsi que quarante-neuf assistants, et traînée devant les idoles, sur l’ordre du proconsul Priscus. Pressée de sacrifier, elle répondit fièrement : «Je ne suis qu’une fille, mais si jeune et si faible que je paraisse, je triompherai de vous. J’ai pour moi Jésus qui me prêtera sa main invisible et qui me délivrera de vos embûches. » Menacée d’ê- Kg. 233. - statue de Mars, tre jetée dans une fournaise, elle dit encore :
« Je ne crains point ce feu qu’on allume et qu’on éteint quand 011 veut; j’ai assez de courage pour ne pas craindre des tourments d’un instant de durée. » Le proconsul ne se rebuta pas et essaya, le lendemain, de nouvelles exhortations, la suppliant d’abandonner la folie qui la conduisait à la mort. « N’en serait-ce pas une étrange, » répondit la jeune fille, « que de reconnaître quelque divinité à ces statues faites par la main des hommes? Il y a un Dieu invisible, et c’est lui que j’adore. » Condamnée aux bêtes, elle fut dévorée par un ours (303).