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SAINT THOMAS DE VILLENEUVE

Né en 1488, à Fuentana, près de Villanueva, en Castille, d’une famille peu fortunée, il fit ses études à l’université d’Alcala, récemment fondée, et y enseigna la philosophie. Il venait de passer à Salamanque, lorsqu’il eut occasion de réaliser le désir qu’il avait depuis longtemps de prendre l’habit religieux. Il entra dans l’ordre des Ermites de Saint- Augustin, et, ayant été élevé à la prêtrise (1520), commença ces prédications fameuses qui le firent surnommer Y apôtre cle V Espagne. Elu successivement prieur de plusieurs couvents, puis provincial d’Andalousie et de Castille, il remplit ces diverses fonctions à la satisfaction de tous, n’ayant en vue que la gloire dè Dieu et le salut de ses frères. Il avait souvent des ravissements pendant qu’il célébrait la messe, et souvent des extases le prirent au milieu de ses sermons. Le bruit de sa science et de ses vertus le fit choisir pour prédicateur par Charles- Quint, sur l’esprit duquel il eut parfois une certaine influence, quand il s’agissait de quelque grâce à obtenir. Le roi le nomma à l’archevêché de Grenade, mais lui, tout plein d’humilité, fit si bien qu’on le dispensa d’accepter.

Thomas n’en devint pas moins, en 1544, archevêque de Valence, presque par force il est vrai, et sous la menace d’une excommunication s’il n’allait pas remplir les fonctions pour lesquelles il avait été désigné. Les honneurs ne lui firent pas rompre son vœu de pauvreté ; il conserva sa robe de bure usée et trouée, coucha sur le bois avec une pierre pour oreiller. Tout ce qu’il avait consenti à adopter du costume des prélats était un chapeau de soie, et il disait en le montrant : « Voilà ma dignité archiépiscopale; les chanoines, mes maîtres, ont jugé que je ne pouvais être archevêque sans cela. » Ses revenus passaient aux pauvres et aux hôpitaux. Tous les jours, des centaines de mendiants recevaient, à sa porte, du pain, du vin et une pièce d’argent. Il se montrait le père des orphelins, et dotait les filles pauvres. Il récompensait ceux qui lui apportaient des enfants trouvés, ainsi que les nourrices qui se chargeaient de les élever. Ne pouvant, à cause de sa santé, se rendre au concile de Trente, il y envoya l’évêque d’Huesca,

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