SAINTE BRIGITTE
Fille du prince Birger, de la famille royale de Suède, elle naquit vers 1302. Dès sa plus tendre enfance, elle montra une piété et une raison extraordinaire, jointes à une grande sensibilité. Ayant entendu, à l’age de six ans, un sermon sur la Passion, elle en fut si touchée que, la nuit suivante, elle crut voir Jésus-Christ sur la croix, sanglant et couvert de plaies, qui lui disait : <( Regarde-moi, ma fille. — Seigneur, qui vous a traité de la sorte? — Ceux qui me méprisent et qui sont insensibles à mon amour. » Ce rêve mystérieux fit sur elle une profonde impression, et dès lors les souffrances du Sauveur devinrent le sujet continuel de ses méditations. Quand elle eut seize ans, on la maria à Ulf, prince de Néricie. Us eurent huit enfants, entre autres sainte Catherine de Suède. Après la naissance du dernier, ils firent vœu de continence pour le reste de leur vie. Leur maison devint comme un monastère et un hôpital ; ils n’avaient plus d’autre soin que de prier Dieu, de vêtir les pauvres, de veiller les malades. En revenant d’un pèlerinage qu’ils firent à Saint-Jacques de Compostelle, Ulf tomba malade à Arras. Guéri par les prières de sa femme, il entra au monastère d’Alvastre, de l’ordre de Cîteaux, où il mourut peu de temps après, en odeur de sainteté (1344).
Devenue veuve, Brigitte partagea sa fortune entre ses enfants, se ' voua aux plus dures mortifications, puis se retira à l’abbaye de Wadstena (diocèse de Linkœping), qu’elle avait fondée en l’honneur de la Passion, et qui pour cette raison fut nommée l’ordre du Sauveur. C’était un monastère double, composé de religieux et de religieuses, sous la conduite d’une abbesse, et où rien n’était en commun. Elle en écrivit