‹ La Vie des saintsChapitre 433 sur 536 · SAINT ÉDOUARD LE CONFESSEUR · texte numérisé non relu

SAINT ÉDOUARD LE CONFESSEUR

Neveu d’Édouard le Martyr, et fils d’Ethelred II et d’Emma, il fut choisi pour roi par les Anglo-Saxons, après la mort de Hardi- Canut (1041), lorsque le peuple se fut fatigué du joug des Danois. Il quitta la Normandie, où il s’était réfugié contre les persécutions

de Harold et de ses successeurs. Le comte Godwin, chef tout-puissant du parti national, l’avait désigné au trône, parce qu’il espérait gouverner sous son nom, et lui fit épouser sa fille Edith. Edouard, qui n’avait eu aucune part au crime qui le faisait roi, ne put pas s’accoutumer à être le gendre de l’assassin de son frère Alfred, et ce sentiment, joint à sa grande ferveur religieuse, le poussa à faire vœu de continence perpétuelle dans le mariage. Il se montra d’abord d’une

PIC PORTATVR: COP PVS EADWARDl:R6GI5:AD!6CCl6SIfiN

.SCI

PÛ

Fig. 259. — Funérailles de saint Édouard le Confesseur. D'après la Tapisserie de Bayeux. XIIe siècle.

bonté qui fut prise pour de la faiblesse ; continuellement tourné vers les choses de la piété, et méprisant celles de ce monde, il fut, par dérision, surnommé le Simple. Pourtant il ne manqua ni de valeur, ni de sagesse, ni même à l’occasion d’une certaine fermeté. Il soutint avec honneur plusieurs guerres contre les Gallois et les Ecossais. Beaucoup de lois anglaises inspirées par lui sont encore en vigueur aujourd’hui ; c’est de son règne que l’on fait dater les fondements de ce qu’on appelle la loi commune. Il diminua les impôts, et fit rendre à la couronne des domaines extorqués plutôt qu’aliénés.

Une de ses plus utiles mesures troubla par ses conséquences une partie de son règne. Il avait remplacé, autant qu’il l’avait pu, le clergé

Page 1