SAINT PIERRE D’ALCANTARA
Pierre Garabito , né en 1499, à Alcantara,dans l’Estramadure, donna dès son enfance des indices de la haute sainteté à laquelle il s’éleva dans la suite. A seize ans, il entra chez les franciscains, et couronna son noviciat dans une cellule de branchages, oh il pratiqua des austérités connues de Dieu seul. Après avoir reçu la prêtrise, il fut chargé de la prédication, ce dont il s’acquitta pendant seize ans, avec les plus heureux fruits pour ceux qui l’entendaient. Malgré ses succès, il renonça aux fonctions de la chaire pour aller vivre en reclus au couvent de Saint- Onuphre. C’est là qu’il composa son Traité de V oraison mentale, qui a été regardé comme un chef-d’œuvre par sainte Thérèse, Louis de Grenade et saint François de Sales, et un second écrit non moins précieux, ayant pour objet la paix de l’âme. Souvent il lui arrivait d’avoir des ravissements, et de rester de longues heures en contemplation au point
qu’il semblait tout à fait détaché de la terre. Nommé en 1538 provincial de l’Estramadure, il y essaya, ainsi qu’en Portugal, un plan de réforme qu’il voulait introduire. Ayant obtenu l’autorisation du pape, il se mit à l’œuvre en 1545, en fondant le monastère des franciscains déchaussés dans le diocèse de Placentia. Cette maison n’avait que 32 pieds de long sur 28 de large, y compris l’église. Les cellules étaient si petites que le lit, composé de trois planches, occupait la moitié de la place, ressemblant à un véritable tombeau. Les frères ne devaient pas être plus de huit; l’usage de la viande, du poisson, des œufs et du vin leur était interdit.
Pierre faisait la visite de son ordre en qualité de commissaire général lorsqu’en passant à Avila, il connut sainte Thérèse. Touché de compassion en apprenant les chagrins et les contradictions qu’elle avait essuyés à cause de ses visions, il la consola et dissipa ses inquiétudes , en l’assurant que ce qui se passait en elle était, non une illusion du démon, mais l’oeuvre de Dieu. Il l’exhorta ensuite à établir dans l’ordre des carmélites la réforme qu’elle méditait , et à la fonder principalement sur la pauvreté. Peu de temps après, il expirait entre les bras de ses frères, le 18 octobre 1562, au couvent d’Arenas, près d’ Avila. Il fut canonisé par Clément IX en 1669, et sa fête fut fixée au 19 octobre.