SAINT CAPRAIS ET SAINTE FOL
Agen se trouvait parmi les églises qu’avait fondées saint Martial pendant son apostolat ; un de ses premiers successeurs fut saint Caprais, qui occupa ce siège épiscopal sur la fin du troisième siècle. On ne sait rien de sa vie , si ce n’est qu’il souffrit le martyre avec un grand nombre d’autres chrétiens, dans les circonstances suivantes, que la tradition nous a conservées. C’était pendant la persécution de Dioclétien. Le préfet, qui se nommait Dacien, promulgua les édits et commença les
20 octobre. — SAINTE IRÈNE.
arrestations. L’évêque réussit à prendre la fuite, sachant que sa vie serait, à ce moment critique, plus utile aux fidèles que sa mort, et tout prêt, d’ailleurs, à confesser sa religion, comme il le prouva bientôt. Une jeune fille nommée Foi fut jetée en prison l’une des premières, interrogée par Dacien et, sur son refus de sacrifier, tourmentée et mise à mort. Inquiet, errant par la campagne, Caprais fut comme invinciblement ramené vers la ville ; on le reconnut, et des soldats, s’étant saisis de lui, l’amenèrent devant le préfet. Son interrogatoire ne dura que quelques minutes ; feignant de ne vouloir se commettre à discuter avec un chrétien, Dacien le fit conduire au lieu du supplice pour avoir la tête tranchée.
Comme la hache se levait déjà, une autre jeune fille, Alberte, sœur de Foi, accompagnée des deux frères Prince et Félicien, se précipita en demandant à partager le sort de l’évêque. Dacien eut la barbarie de se rendre à ce désir, et un grand nombre d’assistants s’étant convertis en même temps, soudainement touchés par la grâce, une moitié de la foule fut massacrée par l’autre moitié, faisant l’office de bourreau. Les restes de ces nombreux martyrs furent en partie recueillis. On éleva une église à sainte Foi , qui est demeurée fort populaire dans le diocèse et dont la fête est au 6 octobre. Saint Caprais, honoré le 20, est le patron d’Agen.
SAINTE IRÈNE
Elle naquit à Tomar, dans l’Estramadure portugaise, de parents nobles et d’une haute piété, qui confièrent son éducation à ses deux tantes, Julie et Chaste, supérieures d’une communauté religieuse. Selio, son oncle, abbé d’un monastère voisin, prit soin de sa direction spirituelle, et lui choisit lui-même pour confesseur un moine nommé Remi, qu’il croyait fort avancé en perfection. Irène ne sortait qu une fois par an, pour aller visiter l’église de Saint-Pierre; dans une de ses sorties, un jeune homme, du nom de Bertauld, s’éprit d’elle, et, ne pouvant plus la revoir, en tomba malade de chagrin. Avertie interieure-
ment, Irène alla le visiter, accompagnée cl’une religieuse, et par d’excellentes raisons le convainquit de la folie de son amour. Cependant une passion plus dangereuse menaçait l’innocence de la jeune fille : Remi, éprouvant pour elle une flamme coupable, osa la lui déclarer. Irène résista avec indignation aux honteuses propositions du moine, qui se vengea en la calomniant et en faisant courir le bruit de son déshonneur. A cette nouvelle, Bertauld sentit l’amour se réveiller en lui, et, dans un moment de jalousie furieuse, il la fit assassiner par un sicaire (663). Le culte de sainte Irène est très célèbre en Espagne.