SAINT VINCENT ET SAINTE SABINE
En 304, Dacien, proconsul en Espagne, persécutait cruellement les chrétiens : Vincent, un des plus zélés, fut arrêté et conduit devant son tribunal. On commença par lui démontrer que c’était folie de s’exposer à perdre la vie à la fleur de l’âge dans les supplices, pour défendre l’honneur d’un homme que les Juifs avaient crucifié, et qu’il ferait beaucoup mieux d’obéir aux ordres des empereurs et de sacrifier aux dieux. Mais Vincent, confessant énergiquement sa foi, sans prendre
garde à ses sophismes, exprimait tout son mépris pour les divinités païennes et en particulier pour Jupiter, dont il montrait les crimes et les débauches. Entendant cela, ce fut devant la statue de ce dieu que Dacien le fit conduire, avec l’ordre de le mettre à la torture, s’il n’offrait l’encens.
Vincent fut si ferme dans sa résistance et si courageux au milieu des supplices, que les bourreaux, touchés et convertis, le laissèrent retourner en prison et avertirent ses soeurs Sabine et Christèle, qui vinrent le voir et le supplièrent de ne pas les abandonner, de prendre la fuite avec elles ; il était leur soutien et leur père, il céda et les accompagna à Avila. Dacien, averti de cette fuite, envoya à leur recherche des soldats, qui les découvrirent et les conduisirent devant les juges de cette ville. Condamnés à mort, ils expirèrent sous les plus terribles tortures : après avoir souffert le chevalet, le fouet plombé, le fer rouge, on leur écrasa la tête avec des pierres et des marteaux. Leurs dépouilles, laissées sur le lieu du supplice, furent rencontrées par un juif, que ce spectacle remua profondément ; il leur donna une sépulture honorable, embrassa la foi et fit bâtir une église en leur honneur.