SAINT MARCEL
l naquit vers 360, à Paris, de parents d’une tion assez humble, probablement des artisans ; cependant, comme ils avaient la crainte de Dieu, ils prirent soin de lui inspirer la piété dès son enfance. Il dut être un élève assidu de l’école qui était établie près de l’évêché, et c’est là sans doute que l’évêque Prudence le prit en amitié. Successivement lecteur et sous-diacre, Marcel remplit ces fonctions avec tant de zèle que, malgré sa profonde humilité, on ne tarda pas à lui conférer les ordres ; il honora son caractère sacré par un accroissement de vertus, qui lui valurent la vénération des fidèles. A la mort de Prudence, le peuple et le clergé l’élurent unanimement pour leur pasteur. Il s’appliqua avec ferveur à ses nouveaux devoirs, la conversion des pécheurs, l’instruction des ignorants, la visite des malades et des prisonniers, le jugement des procès. Il mourut le 1er novembre 436. On ne sait rien de plus précis sur sa vie. Son corps fut inhumé aux environs de Paris, dans une chapelle dédiée à saint Clément, et son tombeau fut très fécond en
miracles. Roland, neveu de Charlemagne, fit bâtir au lieu de sa sépulture une église qui prit son nom, et autour de laquelle naquit le village de Saint-Marcel, qui est devenu un des faubourgs de Paris. Il est l’un des trois patrons titulaires du diocèse de cette ville.
SAINT MARCIEN
Marcien, né vers 305, à Cyrrhus, ville de Syrie, située au nord cl’Antioclie, était fils d’un haut dignitaire de l’empire et fut élevé à la cour de Constance. Lorsqu’il eut l’âge de choisir un état, il n’en voulut pas d’autre que le service de Dieu, et se retira dans le désert de Chalcis, sur les confins de l’Arabie. Là, confiné dans une cabane, si basse et si étroite qu’il lui était impossible de se tenir debout ou couché, il n’eut de communication qu’avec le ciel , partageant son temps entre l’oraison, le chant des psaumes et le travail des mains. Sa nourriture ne suffisait point à calmer sa faim, et cependant il ne jeûnait jamais plus d’un jour, afin de réserver ses forces aux exercices spirituels. Malgré les précautions qu’il avait prises pour demeurer inconnu, l’éclat de ses austérités le fit découvrir : il reçut d’abord deux disciples, Eusèbe et Agapet; d’autres vinrent ensuite, et il se forma , autour de sa cellule une laure ou communauté, dont il traça la règle et qu’il mit sous la conduite d’Eusèbe.
Vers 382, plusieurs évêques et fidèles de marque, ayant à leur tête saint Flavien d’Antioche, vinrent un jour le visiter, et le prièrent de vouloir bien leur donner quelques instructions, ainsi qu’il avait coutume de faire en pareil cas. Une compagnie si imposante alarma l’humilité du solitaire , et après avoir gardé quelque temps le silence : « Hélas! )) répondit-il, (( Dieu nous parle tous les jours par ses créatures et par le spectacle de l’univers ; il nous parle par son Evangile, qui nous instruit de nos devoirs envers nous-mêmes et le prochain ;
3 novembre. — SAINT HUBERT.
et pourtant nous ne profitons point des leçons qu’il nous donne. Que pourrait dire Marcien, lui qui a fait si peu de progrès dans la vertu? » Il fut un zélé défenseur de l’orthodoxie, et usa de toute son influence pour s’opposer à l’invasion des hérésies régnantes, en même temps qu’il soutint le décret du concile de Nicée sur la célébration de la Pâque , ce qui lui fit rompre tout commerce avec saint Abraham jusqu’à ce qu’il l’eût amené à résipiscence. Marcien mourut vers 385. Sa règle monastique resta en vigueur en Syrie parmi les communautés fondées par ses disciples.