SAINT THEODORE
tombaient en ruines, les biens des religieux avaient été usurpés, il n’y avait plus que cinq ou six profès et deux novices ; grâce à son activité, Nogent redevint prospère et acquit une telle célébrité que des abbés quittèrent les moutiers où ils commandaient pour venir, simples religieux, obéir à Geoffroy. Quelques années plus tard, Gervin, évêque d’Amiens, étant mort, les fidèles le choisirent d’un commun accord pour leur pasteur, et, devant ses résistances, en appelèrent au concile de Troyes (1104), qui lui ordonna d’accepter. En 1112, il assista au concile de Vienne, pour la défense des privilèges ecclésiastiques dans la question des investitures.
Geoffroy prit une part très active à la fondation de la commune d’Amiens, et les seigneurs dévastèrent les domaines de l’évêché par le pillage et l’incendie. Effrayé des troubles qui ensanglantaient la ville, il se démit de ses fonctions et se retira à la grande Chartreuse. Mais les Pères du concile de Soissons (1115), d’accord avec Louis le Gros, blâmèrent sa conduite et lui commandèrent d’aller reprendre son siège. Les querelles des deux partis continuaient; Thomas de Marie et Adam, plus forts et plus hardis que jamais, ruinaient et opprimaient la ville. Geoffroy fit appel à l’intervention de la couronne. Le roi, à qui les bourgeois avaient payé un tribut considérable d’affranchissement, se trouvait obligé de faire respecter l’engagement qu’il avait contracté : il vint donc , mais avec des troupes si mal organisées que l’expédition fut inutile. Geoffroy ne vit point la fin de cette lutte. Peu après le désastreux incendie qui réduisit la ville en cendres, usé par la maladie, il mourut à Soissons, le 8 novembre 1115.