‹ La Vie des saintsChapitre 470 sur 536 · SAINT THÉODORE · texte numérisé non relu

SAINT THÉODORE

Il était soldat et faisait partie de la légion de Marmarites, qui tenait garnison dans la ville d’Amasée (aujourd’hui Amasieh), ville de la Turquie d’Asie. La persécution y était fort grande contre les chré-

tiens, et , comme il ne cachait nullement sa religion , il fut une première fois sévèrement réprimandé par son capitaine, qui n’alla pas d’abord plus loin que les menaces. Théodore n’eut garde d’en tenir compte, et, voulant au contraire se signaler par une action qui manifestât hautement sa croyance, il mit le feu au temple de Cybèle. Conduit devant un juge, nommé Publius, il avoua qu’il était l’auteur de l’incendie et qu’il l’avait allumé pour empêcher les sacrilèges qui se commettaient tous les jours devant les autels de la déesse. Publius lui ordonna de réparer ou de diminuer au moins son attentat en sacrifiant aux dieux, mais il s’y refusa avec horreur, et, après avoir été cruellement fouetté, il fut jeté en prison. Le lendemain, mis à la torture, brûlé au fer rouge, déchiré de nouveau avec le fouet plombé, il protesta qu’on 11e tirerait jamais de lui ni une parole ni un geste contre la fidélité qu’il avait jurée à son Dieu. Condamné au bûcher, il expira au milieu des flammes (304).

SAINT MATHÜRIN.

Son père , Marin, et sa mère, Euphémie, étaient de riches Gallo-Romains qui demeuraient dans le Gâtinais , au diocèse de Sens , sur une terre appelée Liricant (aujourd’hui Larchant, près de Fontainebleau). Ils étaient païens, tous les deux, et Marin accepta de remplir un office judiciaire qui l’obligeait à poursuivre les chrétiens. Mathurin se laissa volontiers instruire par l’évêque de Sens, qui était alors Polycarpe, et qui le mit en état de recevoir le baptême à l’âge de douze ans. L’enfant devint d’une piété rare; comprenant qu’il avait maintenant charge d’âmes, en la personne de ses parents idolâtres, il se répandait sans cesse en prières pour obtenir leur conversion. Il eut le bonheur de gagner d’abord Euphémie, que la bonne conduite de son fils avait naturellement disposée pour la foi qu’il professait; leurs efforts communs eurent ensuite raison de l’aveuglement de Marin. Il devint ainsi le père spirituel de ceux qui lui avaient donné la vie. Comme il croissait toujours en vertus, l’évêque le jugea digne d’entrer dans les ordres sacrés. Quelques années plus tard, Polycarpe ayant entrepris à

9 novembre. — SAINT MATIIURIN.

Rome le voyage dont il ne devait point revenir, il lui laissa le gouvernement de son diocèse, fonctions dont Matliurin s’acquitta avec le plus grand zèle jusqu’à ce que le peuple eût pourvu, par son choix, à la vacance du siège.

Matliurin avait au plus haut degré le don des miracles, et le peu que l’on sait de sa vie nous montre qu’il était considéré comme doué d’un pouvoir particulier pour apaiser et ramener à la raison les fous

Fig. 274. — Écusson en plomb représentant saint Matliurin.

et les déments, pour guérir les épileptiques. On dit que sa réputation de thaumaturge le fit appeler à Rome, où il opéra des prodiges; il est certain qu’il y passa les trois dernières années de sa vie. C’est là qu’il mourut, sans avoir souffert le martyre, bien qu’on fût en pleine persécution, le 1er novembre 388. Le jour de sa fête est probablement l’anniversaire de la translation de ses restes à Larchant.

Le culte de saint Matliurin s’est surtout perpétué en Bretagne, où il est très populaire. On lui avait dédié à Paris une église , qui fut donnée plus tard aux trinitaires, d’où le surnom de Mathurins sous lequel on désignait ces religieux en France.

DO

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