‹ La Vie des saintsChapitre 48 sur 536 · SAINT AMAND · texte numérisé non relu

SAINT AMAND

Non moins dévoué que Vaast, mais d’un esprit plus impétueux, Amand fut un des apôtres de l’ancienne Gaule. Né en 585, dans le Poitou, il déserta la maison paternelle et courut s’enfermer dans un ermitage de l’île de Ré, en un lieu sauvage dit la Fosse de l’Oye. Après avoir ensuite passé quinze ans de sa vie à Bourges, près la cathédrale, toujours seul et ne vivant que de pain d’orge et d’eau, il se sentit inspiré d’aller visiter Rome. Une nuit, pendant qu’il veillait en prières, il crut voir saint Pierre, qui, montrant le chemin des Gaules, lui ordonnait d’y enseigner l’Evangile aux païens. Il obéit, et ayant reçu la consécration épiscopale sans résidence déterminée (626), il prêcha d’abord les Frisons, qui étaient retournés aux faux dieux, et devenus si farouches qu’aucun prêtre n’osait s’aventurer chez eux. Sans oublier que les conversions doivent être volontaires, il sollicita le secours de Dagobert, pour l’aider dans son entreprise difficile et l’appuyer de l’autorité royale. Longtemps il erra sans asile, bafoué, battu, jeté dans les rivières. Enfin ces barbares furent vaincus par la charité. Un des leurs ayant été pendu malgré les instances d’ Amand, il fit détacher le corps du gibet et le rappela à la vie. Le bruit de ce prodige émut tout le pays, et les habitants, détruisant leurs temples, demandèrent le baptême. Le missionnaire consolida son ouvrage en fondant plusieurs monastères, qu’il peuplait de néophytes, de captifs ou d’esclaves rachetés, et en formait des disciples tels que saints Bavon et Hubert.

En 646, le vœu du clergé et du peuple l’éleva au siège de Maëstricht ; mais le repos fatiguait son âme ardente et, au bout de quelques années, il reprit le bâton de vo}rage, et se remit à visiter les tribus de la Meuse et de l’Escaut pour y semer la parole évangélique. Il mourut plein de jours, en 675 ou 684, le 6 février, dans l’abbaye de Saint- Pierre d’Elnon, autour de laquelle grandit une ville de la Flandre française, Saint- Amand, dont il est le patron.

7 février. — SAINT ROMUALD.

SAINT ROMUALD

Romuald, né vers 951, à Ravenne, appartenait à la noble famille des Onorati. A l’âge de vingt ans, il assista, comme témoin de son père, à un duel où celui-ci tua l’un de ses proches parents, et cet événement fit sur lui une impression si forte, qu’il alla s’enfermer dans le couvent de Classe, afin d’y expier, par une dure pénitence, une faute qui n’était pourtant pas la sienne. On lui donna l’habit, et bientôt il devint un modèle de piété ; mais des moines, irrités de voir que sa conduite servait de motif à censurer leur relâchement, conçurent le dessein d’attenter à ses jours. Romuald, averti par le supérieur, se retira dans les environs de Venise, auprès d’un saint ermite appelé Marin, qui n’épargna ni mortifications ni châtiments pour lui apprendre l’humilité et l’obéissance.

Quand le doge Pierre Orseolo, cédant aux conseils de l’abbé Guérin, abandonna sa famille et le soin de l’Etat pour embrasser la vie contemplative (978), Romuald l’accompagna en Catalogne et y vécut plusieurs années, entouré de jeunes hommes qu’il forma à sa discipline. On le retrouve en 994 en Italie. Après avoir entrepris la conversion de son père avec la fougueuse ardeur qu’il apportait dans la pratique du bien, il fut nommé abbé de Classe ; l’empereur Othon III et l’évêque de Ravenne lui imposèrent ces fonctions, dont il se démit presque aussitôt à cause du mauvais vouloir des religieux. La réforme des monastères n’eut pas d’ouvrier plus actif que lui : pieds nus et le bâton à la main, il parcourut en tous sens la péninsule, pénétra en France et en Allemagne, poussa jusqu’en Istrie, tantôt bâtissant des églises ou fondant des communautés, tantôt peuplant les déserts de nombreux ermitages, et partout donnant l’exemple des plus héroïques vertus. Ce fut en 1009 qu’il jeta les fondements de l’ordre des Ccimaldules , ainsi nommé de la maison-mère établie dans une vallée de l’Apennin, près d’Arezzo. Il imposa à ses disciples la règle de saint Benoît avec quelques nouvelles observances, et les divisa en deux classes : les ermites et les cénobites ; au bout d’un

long temps cl’épreuves, les premiers obtenaient la permission de vivre en reclus, confinés dans une cellule, et n’en sortaient plus qu’à la mort. Ainsi d’ailleurs s’écoulèrent les dernières années de Romuald, qui, comblé de grâces et de mérites, termina sa carrière le 19 juin 1027, à l’abbaye du Val de Castro (Marche d’Ancône). Sa fête fut fixée par Clément VIII au 7 février.

8 FÉVEIEE.

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