SAINT JEAN DE MATHA
Jean de Matha, né le 24 juin 11G0, dans la vallée de Barcelonnette, au bourg de Faulcon, dont son père était seigneur, montra dès l’enfance une grande charité pour les pauvres et les malades. Après avoir étudié les lettres à Aix et la théologie à Paris, il fut ordonné prêtre par Maurice de Sully, et célébra dans la chapelle de l’évêché sa première messe, pendant laquelle il eut cette célèbre vision qui lui inspira la pen- * sée de racheter les chrétiens réduits en servitude par les musulmans. Par défiance de lui-même, et pour acquérir dans un renoncement absolu les forces nécessaires à une telle entreprise, il alla trouver, au pays de Meaux, saint Félix de Valois, sollicita le secours de ses lumières, et le pria de le recevoir dans son ermitage. Ils passèrent ensemble plusieurs mois, livrés à des austérités continuelles, et partirent pour Rome. Innocent III, qui occupait alors le saint-siège, approuva leur dessein et donna au nouvel institut le titre d’ Ordre de la très sainte Trinité pour la rédemption des captifs (2 février 1199).
D’après la règle, qui fut celle de saint Augustin avec certains changements, les trinitaires durent s’abstenir de poisson et de viande et porter sur leur robe blanche une large croix rouge et bleue, couleurs symboliques des personnes de la Trinité. Accueillis dans toute la chrétienté, ils reçurent en donation de Gaucher, comte de Châtillon, le domaine de Cerfroy, en Brie, où ils élevèrent un monastère, qui devint le chef de