‹ La Vie des saintsChapitre 494 sur 536 · SAINTE CATHERINE · texte numérisé non relu

SAINTE CATHERINE

Fig. 282.

Martyre de sainte Catherine d’Alexandrie. D’après Gaudenzio Ferrari. XVIe siècle.

véritable nom aurait été Dorothée ; elle naquit à Alexandrie d’Égypte

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vers 292. L’historien ecclésiastique Eusèbe, qui était son contemporain, nous la présente, sans la nommer,, comme une noble chrétienne d’Alexandrie, moins distinguée encore par son rang et ses richesses que par l’étendue de son savoir et par son amour pour la chasteté, qu’elle estimait le plus précieux de tous les trésors. Déjà, dans cette même ville, refuge de toutes les études, tant sacrées que profanes, des femmes s’étaient illustrées dans la science, mais nulle n’avait encore acquis, si jeune, des connaissances si variées.

L’empereur Maximin, qui avait fait d’Alexandrie le siège de son gouvernement, lança en 310 un édit contre les chrétiens, qu’il prétendait contraindre à sacrifier aux dieux. N’écoutant que son courage, Catherine, qui n’avait pas alors plus de dix-huit ans, demanda audience à l’empereur, pour plaider la cause de ses frères. La haute position de sa famille, sa grâce, sa résolution lui firent ouvrir les portes du palais. Elle parla si bien , avec tant d’éloquence et des arguments si rares que l’empereur, charmé, l’écouta volontiers; sa beauté fit en même temps une vive impression sur lui, et, dès ce moment, un amour coupable se mêla dans le cœur du païen à la haine contre la chrétienne. Cependant, par un caprice de tyran, il lui prit fantaisie de mettre cette jeune fille si diserte et si instruite aux prises avec quelques habiles sophistes. La rencontre eut lieu, et l’un d’eux commença sur un ton ironique : cc Voilà donc cette petite fille qui se mêle d’injurier nos dieux? » Et il continua, s’efforçant de démontrer que les divinités de l’empire étaient les seules vraies, les seules dignes d’adoration, que Jésus n’était pas Dieu puisqu’il était mort sur un gibet; et il citait des passages des poètes qui ont célébré les dieux, défiant Catherine d’en trouver un seul qui fît mention de Jésus. La jeune fille prit la parole, et avec assurance, bien que sans ostentation, elle rendit compte de sa foi par les plus solides raisons. Elle prouva d’abord que l’intelligence ne pouvait admettre qu’un seul Dieu, et n’eut point de peine à démontrer que les dieux de l’empire étaient indignes d’être comptés même parmi les hommes , sinon parmi les plus criminels et les plus débauchés , et , à son tour, elle cita les poètes.

La discussion continua de part et d’autre et fut si peu à l’avantage des

26 novembre. — SAINT CONRAD.

sophistes , qu’ils finirent par demeurer à bout d’arguments et par s’avouer vaincus. Maximin, qui était présent, se trouva fort décontenancé d’un tel résultat, et il chercha à gagner Catherine par d’autres moyens, lui donnant à entendre qu’à certaines conditions, elle pourrait conserver sa religion, et compter sur sa clémence à l’égard des chrétiens ; il alla même jusqu’à lui offrir de répudier l’impératrice et de l’élever au trône. Elle ne répondit que par l’indignation et le mépris ; sa vertu faisait partie de sa foi, l’une lui était aussi chère que l’autre, et, avec l’aide de Dieu, rien ne l’ébranlerait jamais. Furieux de cette résistance, l’empereur la livra aux juges. Devant les instruments de torture, on lui ordonna d’offrir l’encens aux dieux, mais elle dit simplement : « Mon corps est entre vos mains, je vous l’abandonne ; les tourments de cette vie ne sont que passagers, et la récompense qui les suit est étemelle. » Sur cette réponse, elle fut déchirée jusqu’au sang à coups de lanières plombées, puis, demi-morte, jetée au fond d’un cachot, où elle demeura onze jours. Au bout de ce temps, on essaya encore de corrompre sa foi, et, tout étant inutile, on la condamna au supplice de la roue : c’était une machine horrible et compliquée, composée de deux cercles armés de pointes de fer, qui tournaient en sens inverse, et entre lesquels on broyait le patient. Catherine n’eut pas un instant de faiblesse à la vue de l’épouvantable mort qui l’attendait. Ce martyre est placé le 25 novembre de l’an 310, environ.

Sainte Catherine, dont le culte est partout fort en honneur, est considérée comme la patronne des vierges. On la représente avec une roue, symbole de son martyre.

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