SAINTE APOLLINE
Plus recommandable par l’excellence de ses mœurs que par son grand âge, elle fut arrêtée durant la persécution qui s’alluma dans Alexandrie, en 249, sous l’empereur Philippe. On lui brisa les dents en la frappant
Fig. 24. — Philippe Ier, empereur romain.
avec violence au visage ; puis on la traîna hors de la ville, et on la menaça de la brûler toute vive si elle refusait de proférer certaines paroles
impies. Apolline, ayant demandé à délibérer lâ-dessus, profita du répit qu’on lui accorda pour courir d’elle-même au milieu des flammes, où elle trouva la mort. L’action de cette sainte a suggéré à saint Augustin des réflexions qu’il semble utile de rapporter. Après avoir cité quelques femmes qui, du temps de la persécution, s’étaient précipitées en des fleuves, afin de se garantir de poursuites impudiques, il est d’avis que l’honneur du martyre ne doit pas leur être refusé, pourvu qu’il soit autorisé par l’Église; car, ajoute-t-il, elles se sont portées à ces extrémités non par précipitation ou mouvement de la nature, mais par une impulsion de l’Esprit divin, à qui elles obéissent.