FÉVRIER. — SAINTE APPOLLINE
l’ordre. Félix eut la direction des maisons de France, tandis que Jean reprit le chemin de Rome. Outre de grands privilèges, le pape lui octroya l’église et l’hôpital de Saint-Thomas avec tous les revenus qui en dépendaient, et l’envoya comme légat en Dalmatie, où il opéra de nombreuses conversions. A son retour, il se rendit lui-même à Tunis (1201) ; après en avoir ramené cent dix captifs, il passa en Espagne, tant pour exciter le zèle des princes à l’égard de son œuvre que pour édifier des hospices et des communautés. En 1210, il fit à Tunis un second voyage, qui eut pour effet de rendre la liberté à cent vingt chrétiens. Priant et jeûnant presque sans relâche, le corps ceint d’un cilice et d’une chaîne de fer, dormant à peine quatre heures par jour sur la terre couverte d’une simple natte , il accomplit pour la gloire de Dieu et le salut du prochain d’immenses travaux, qui le réduisirent avant l’âge à la dernière extrémité : il expira le 21 décembre 1213, à Rome, exhortant ses religieux assemblés à travailler de tout leur cœur à la rédemption des prisonniers. Sa fête fut remise, en 1679, au 8 février.
Félix de Valois, également canonisé, l’avait précédé au tombeau : il mourut à Cerfrov, le 4 novembre 1212, âgé de quatre-vingt-cinq ans.