SAINT THOMAS
Thomas, appelé aussi Didvme, les deux noms n’ayant qu’une même signification ( jumeau ) en hébreu et en grec, naquit en Galilée, et vivait du métier de pêcheur quand, la voix de Jésus étant venue frapper son oreille, il quitta ses filets pour le suivre.
Admis au rang d’apôtre, il donna aussitôt une preuve de son dévouement : comme on voulait, à cause de la haine que lui portaient les Juifs, détourner le Sauveur d’aller à Béthanie, où l’appelait la sœur de Lazare mort, il s’écria : (( Allons-y aussi, afin de mourir avec lui. » Pendant la dernière cène, Jésus, parlant des diverses demeures de la maison de son Père et du lieu où il allait, ajouta : « Vous savez où je vais, et vous en connaissez le chemin. » Thomas, pour être mieux instruit de ce mystère, protesta de son ignorance ; à quoi le Maître répondit par ces sublimes paroles : C( Je suis la voie, la vérité et la vie. )) Pendant la Passion, Thomas prit la fuite et ne se montra point. Lorsqu’on vint lui apprendre que le Seigneur était ressuscité, il refusa de croire sur témoignage, déclarant en outre qu’il n’y ajouterait foi qu’après avoir vu de ses yeux la marque des clous et introduit ses doigts dans le trou des blessures. L’ayant abandonné huit jours à son incrédulité,
21 décembre. — SAINT THOMAS.
Eig. 299. — Incrédulité de saint Thomas. D’après Schnorr. XIXe siècle.
ciples, il se séparèrent afin de dispenser les semences de la parole sur toute la terre. L’Orient, selon la tradition, échut en partage à Thomas. Il traversa la Mésopotamie, la Médie, la Perse, pénétra dans l’Inde et visita l’île de Taprobane, qu’on croit être celle de Ceylan. Consumé par l’austérité de la pénitence, il ressemblait à une ombre plus qu’à un homme, au dire de saint Jean Chrysostome. On ne connaît ni l’époque ni le genre de sa fin; il mourut dans une ville de la côte de Coromandel, nommée jadis Calamine, et aujourd’hui Meliapour par les Hindous et Saint-Thomé par les Européens. Les Portugais
tout à coup, au milieu des apôtres réunis et les portes fermées, Jésus apparut une seconde fois, et s’adressant à l’obstiné, il lui dit avec bonté : « Vois mes mains et mon flanc ; mets ton doigt à la place des clous, et approche ta main de mon côté. )) Alors Thomas n’eut que la force de répondre : (( Mon Seigneur et mon Dieu ! »
Quand le Saint-Esprit eut communiqué le don des langues aux dis-
prétendent qu’ils ont retrouvé sou corps en 1523, sous une chapelle en ruines, hors des murs de cette ville. Ce qu’il y a de certain, c’est qu’en arrivant aux Indes, ils y rencontrèrent des chrétiens, dits de saint Thomas, qui étaient infectés de l’hérésie de Nestorius.