‹ La Vie des saintsChapitre 55 sur 536 · LES DEUX SAINTS GUILLAUME · texte numérisé non relu

LES DEUX SAINTS GUILLAUME

Nous rapprochons ici deux saints que l’on a confondus plus d’une fois l’un avec l’autre.

Le premier, Guillaume , seigneur de Malleval (et non comte de Poitiers et d’Aquitaine), était un gentilhomme français, à ce qu’on croit, qui avait vécu dans le désordre. Touché de la grâce, il alla, d’après le conseil d’un ermite, se jeter aux pieds du pape Eugène HT, qui, en punition de ses fautes, lui imposa le pèlerinage de Jérusalem. Il demeura huit ans en Palestine ; à son retour, il se fixa dans un lieu désert du territoire de Sienne, eii Toscane, et ce fut là qu’il mourut (1157), entre les bras d’un disciple nommé Albert. Plusieurs personnes, attirées par la solitude de l’ermitage et par la sainteté de l’existence qu’on y menait, se réunirent à Albert, et fondèrent un couvent. Telle fut l’humble origine d’un ordre dit des Guillemites , qui jouit autrefois en France et en Italie d’une certaine célébrité. La fête de Guillaume de Malleval a été fixée au 10 février.

Le second saint, beaucoup plus ancien, est nommé d’ordinaire Guillaume dl Aquitaine.

Proche parent de Pépin le Bref, il fut rompu de bonne heure au métier des armes et n’en reçut pas moins une éducation chrétienne. Sa bravoure et sa dextérité, autant que sa bonne mine, sa taille avantageuse et son corps robuste, appelèrent sur lui l’attention de Charlemagne, qui lui donna d’abord une compagnie dans ses gardes avec le titre de comte, puis une place dans ses conseils. En 789, il fut

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