‹ La Vie des saintsChapitre 6 sur 536 · SAINT FULGENCE · texte numérisé non relu

SAINT FULGENCE

passa l’hiver à Syracuse et se rendit , l’année suivante, à Rome, où il assista à l’entrée solennelle du roi Théodoric (500). De retour en Afrique, il fonda, grâce au généreux concours d’un riche Carthaginois, une maison nouvelle, qu’il gouverna quelque temps avec une prudence et une charité singulières. Par excès d’humilité, il la quitta par deux fois, préférant à ses commodités la solitude d’un petit rocher au milieu de la

Fig. 1. — Sainte Euphrosyne et son père. Miniature d’un ms. du IXe siècle.

mer; il ne fallut pas moins, pour l’y ramener, que le commandement exprès de son évêque et le caractère de la prêtrise, qui lui fut alors conféré. En 508, il fut appelé au siège de Ruspe, port de la Petite-Syrte (golfe de Gabès). Sa nouvelle dignité ne lui éleva point le cœur : il demeura dans la simplicité monastique, n’ayant, même durant les offices, qu’une robe grossière, des sandales et une ceinture de cuir, et consacrant à prier et à étudier le temps qu’il ne donnait pas aux devoirs épiscopaux. A peine Thrasimond fut-il monté au trône des Vandales (523), que les tribulations de Fulgence recommencèrent : chassé de Ruspe, il fut conduit en Sardaigne, ainsi que soixante évêques exilés

comme lui. La mort de son persécuteur lui permit de revenir dans son diocèse, où il succomba à une cruelle maladie, en janvier 533.

Fulgence a laissé plusieurs ouvrages sur les matières de l’Incarnation et de la prédestination; il se faisait gloire d’être disciple de saint Augustin, et, s’il lui cède en génie et en élégance, il ne lui est pas inférieur sous le rapport du raisonnement et de la méthode. Bossuet l’a appelé le plus grand théologien et le plus saint évêque de son temps.

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