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LES DEUX SAINTS MAC AIRE

Plusieurs saints de l’église d’Orient ont porté ce nom, qui en grec signifie heureux; mais il en est deux plus renommés, disciples d’Antoine, et unis par les liens d’une tendre amitié.

L’aîné fut Macaire d’Égypte. Né en 301, dans la haute Egypte, il avait une trentaine d’années lorsque la malice de ses voisins lui ayant attiré un indigne traitement, il prit le parti d’aller vivre dans le désert de Scété, en Libye. L’imiocence et l’austérité de ses moeurs non moins que la sagesse de son esprit lui valurent le surnom de «jeune vieillard ». Vers 340, il fut ordonné prêtre, et reçut, entre autres grâces, la vertu de guérir et le don de prophétie. Il s’appliqua surtout à acquérir une véritable simplicité, en cherchant à se rendre familière la pensée de la présence de Dieu, et ce fut dans cette vue qu’il gouverna ceux qui s’étaient placés sous sa conduite. Durant la persécution que subirent les orthodoxes de la part de Lucius, évêque arien d’Alexandrie (3G2- 378), il fut exilé, avec son ami Macaire le Jeune et d’autres solitaires, dans une île marécageuse, dont il convertit les habitants, qui étaient païens. Il mourut nonagénaire à Scété, en 391. L’Eglise latine l’honore le 15 janvier. De tous les écrits attribués à Macaire, il n’en est pas un qui puisse lui être donné avec certitude; le plus considérable, un recueil d’ Homélies, en forme d’entretiens ou de dialogues, contient des

3 janvier. — SAINTE GENEVIÈVE.

maximes précieuses pour la direction des âmes, mais touchant à des matières qui n’avaient pas encore reçu le caractère de controverse.

Macaire d' Alexandrie, natif de cette ville où il pratiquait le négoce, avait dépassé la quarantaine quand il reçut le baptême. S’étant retiré dans la solitude, il atteignit bientôt une si haute excellence qu’ Antoine dit à son sujet que « le Saint-Esprit s’était reposé sur lui ». Il vécut, à ce qu’on croit, dans le désert de Nitria,qui, d’après le nombre des ascètes, fut appelé les Cellules, A visita probablement d’autres parties de la Libye. Nous avons parlé de son amitié avec Macaire d’Egypte et de l’exil qu’il souffrit pour la cause de l’orthodoxie. Bien qu’il eût un talent extraordinaire pour la conduite des religieux, il se déroba à cet honneur et, sur la fin de sa vie, alla s’offrir comme novice au monastère de Tabenne, que venait de fonder Pacôme. Il mourut, dit-on, centenaire, vers 394 ou 404. On lui attribue, sans nulle autorité, une Règle de la vie monastique. Sa mémoire est honorée le 2 janvier.

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