SAINT ANGILBERT
D’une famille noble et des plus considérables chez les Francs, il fut élevé à la cour de Charlemagne , et eut , comme lui , le savant Alcuin pour maître. Après avoir servi quelques années Pépin, roi d’Italie, comme primicier, c’est-à-dire premier ministre, il revint auprès de l’empereur, qui lui accorda une de ses filles en mariage, en même temps qu’il le nommait son secrétaire et gouverneur de tout le pays compris entre l’Escaut et la Seine. Ces honneurs l’éblouirent si peu que, du consentement de sa femme Berthe, il se retira au monastère de Saint-Riquier (790), et en fut bientôt élu abbé. Il y rétablit la règle d’autant plus facilement qu’il n’exigeait rien de ses religieux qu’il ne pratiquât luimême le premier. Charlemagne, qui appréciait ses qualités et ses lumières, le mandait souvent pour le consulter sur les affaires les plus
SAINT ANGILBEKT.
Fig. 20. — L’empereur Charlemagne , d’après une miniature des registres de l’TJniversité de Paris.
importantes et le chargea de plusieurs négociations ; il le choisit enfin
pour son exécuteur testamentaire. Angilbert ne lui survécut que trois semaines (18 février 814). Il cultivait les lettres et se plaisait particulièrement à la poésie, d’où on lui donna le surnom d’Homère. Une de ses principales occupations fut de rebâtir, grâce aux libéralités impériales, l’abbaye qu’il dirigeait.