‹ La Vie des saintsChapitre 65 sur 536 · SAINT EUCH AIRE · texte numérisé non relu

SAINT EUCH AIRE

Orléans fut le berceau de ce courageux pasteur, illustre par la noblesse de ses parents ; ils lui donnèrent au baptême le nom d’Euchaire (sü/apiç) , parce qu’ils le regardaient comme un fruit de la grâce plutôt que de la nature. Envoyé aux écoles dès l’âge de sept ans, il y devint avec le temps un maître en la science divine et humaine, et alla se perfectionner dans l’abbaye de Jumièges. Son éminente sainteté le désigna au choix du peuple d’Orléans pour succéder à Soa varie, un de ses oncles, qui venait de mourir (717) ; mais peu s’en fallut qu’on ne recourût à la force pour arracher le nouvel évêque de la communauté tout en larmes. Il se fit remarquer par une activité et une abnégation sans bornes , et il agissait avec tant d’onction et d’amour que chacun s’estimait très honoré de lui marquer son obéissance. Après avoir refoulé l’invasion des Sarrasins (732), Charles Martel se servit des biens de l’Eglise pour récompenser ses officiers et subvenir aux dépenses de la guerre. Certains évêques ne purent souffrir un tel procédé, entre autres Euchaire , qui se plaignit, non de l’acte en soi-même, légitimé en quelque sorte par la nécessité publique, mais des concussions dont les commissaires se rendaient coupables en cette occasion. Charles, irrité par des rapports calomnieux, envoya le prélat en exil à Cologne, puis à Liège. Ses mérites touchèrent le gouverneur du pays, qui lui permit de se retirer au monastère de Saint-Trond, où il mourut le 20 février 743.

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