‹ La Vie des saintsChapitre 66 sur 536 · SAINT GERMAIN DE GRANDVAL · texte numérisé non relu

SAINT GERMAIN DE GRANDVAL

Dès l’enfance, il fut placé par son père, riche sénateur de Trêves, sous la conduite de l’évêque Modoald. A dix-sept ans, il distribua son patrimoine aux pauvres et alla consulter saint Arnoul, qui venait, après avoir déposé toutes ses dignités, de se retirer dans l’ermitage de Horemberg, en Lorraine (626). Sa candeur et sa piété lui gagnèrent l’affection de l’illustre solitaire : il le garda quelque temps près de lui, et l’envoya, pour achever son noviciat, dans un monastère que Romaric avait fondé aux environs, suivant la règle de saint Colomban. Germain s’y distingua par une ardeur admirable pour les pratiques de la pénitence. De là, il passa, en compagnie de son frère Numérien, sous la conduite de saint Walbert, abbé de Luxeuil. Cette maison célèbre, alors à l’apogée de sa prospérité, comptait près de cinq cents religieux, et de nombreuses succursales, celle entre autres de Grandval, dont la directionfut donnée à notre saint. Vers 662, Adalric obtint du roi Childéric II l’investiture du duché d’Alsace. C’était un seigneur rapace et cruel, sans foi ni loi, qui accablait ses sujets de mauvais traitements ainsi que sa propre famille, comme nous le verrons dans l’histoire de sainte Odile, sa fille aînée. Germain, ayant osé lui reprocher une conduite si peu chrétienne, fut assailli par ses soldats et percé de coups de lance (21 février 665).

Page 1