SAINT SIMPLICE
On ne connaît rien de sa vie, sinon qu’il était prêtre et natif de Tibur, avant son élection au saint-siège; il succéda, le 25 février 4G8, à saint Hilaire. Avec la même constance qu’avaient montrée ses prédécesseurs, il s’opposa à ce que la première place fût accordée au siège de Constantinople, après celui de Rome, et s’efforça de rétablir â Antioche et à Alexandrie les évêques orthodoxes qui en avaient été chassés. Mais l’Église traversait alors des temps critiques : l’empire romain venait de disparaître en la personne d’Augustule, les barbares l’envahissaient de toutes parts, et menaçaient de faire triompher avec eux l’hérésie d’Arius. Simplice mourut en 483, n’ayant pu témoigner, à défaut de puissance, que la sincérité de sa foi.
SAINT AILRED.
Né en 1109, et de famille noble, Ailred (nom abrégé d’Ethelred) fut élevé à la cour de David, roi d’Ecosse, qui le donna pour compagnon d’études à son fils Henri. Il sentait en lui un ardent désir de quitter un lieu si profane, mais les charmes de l’amitié, auxquels il était fort sen-
3 mars. — SAINT MARIN.
sible, l’y retinrent plus de temps qu’il n’aurait voulu. Pour s’y dérober, il quitta l’Ecosse et passa dans le pays d’York, où un disciple de saint Bernard venait de fonder l’abbaye de Rievaux. Il n’avait que vingtquatre ans lorsqu’il prononça ses voeux. On eût dit que la ferveur fortifiait son corps naturellement faible et délicat, tant il avait de joie à pratiquer les mortifications et la charité. En 1142, il fut envoyé comme abbé à Revesby, récente fondation de l’ordre de Cîteaux, et quatre ans plus tard il rentra, avec le même titre, dans la maison mère. On y comptait alors trois cents moines, soumis à un régime sévère : des aliments grossiers et de l’eau composaient leur nourriture, ils couchaient sur des planches, ils étaient occupés à des travaux pénibles et gardaient un silence absolu.
On offrit à Ailred plusieurs évêchés ; il refusa tout par amour de la solitude, et n’usa de son influence sur le roi Henri II que pour le réconcilier avec le pape. La goutte et la pierre dont il souffrait ne ralentirent point son activité : il traversa la mer pour se rendre au chapitre général de l’ordre tenu à Cîteaux, assista à la translation dans l’abbaye de Westminster des reliques d’Edouard le Confesseur, et visita même les populations à demi sauvages du sud-ouest de l’ Écosse. Il mourut à Rievaux, le 12 janvier 11GG, et sa fête fut marquée au 2 mars dans le Martyrologe romain, où se trouve un bel éloge du savoir, de l’innocence et de l’humilité de notre saint. Il reste de lui quelques ouvrages relatifs à l’histoire d’Angleterre et des traités ascétiques, entre autres le Miroir de la charité.
SAINT MARIN
Aussi distingué par sa naissance que par sa fortune et ses services, il allait être promu au grade de centurion, quand un compétiteur jaloux s’y opposa en rappelant que la loi interdisait aux chrétiens l’exercice des fonctions militaires. Cela se passait à Césarée en2G2, pendant la persécution de Macrien, et en présence d’un juge nommé Achæus. Marin ayant
confessé sa foi, il lui fut accordé trois heures de réflexion, après quoi il devait ou mourir ou se rétracter. En sortant du prétoire, l’évêque de Césarée le tira à part et le conduisit à l’église : là, en face de l’autel, il lui demanda de choisir entre l’Evangile et son épée; et comme l’officier tendait la main vers le livre, il ajouta : « Tiens ferme alors, et Dieu t’accordera ce que tu as choisi. )) Marin ne démentit pas l’engagement qu’il venait de prendre, et eut la tête tranchée. Un sénateur nommé Astyrius chargea le corps sur ses épaules à la vue du peuple et lui procura une sépulture honorable ; cet acte de courage lui valut aussi la mort.
SAINT GUENNOLÉ.
Hormis trois ou quatre cités épiscopales, presque toute la péninsule de l’Armorique était encore païenne au milieu du cinquième siècle. Elle
dut, pour une bonne part, sa conversion à des familles galloises qui vinrent alors y chercher un asile, afin d’échapper au joug des Saxons envahisseurs. A cette population nouvelle, de race également celtique , appartenait un chef, qui s’établit avec les siens aux environs de Saint-Brieuc. C’est là que, vers 4G0, naquit Guennolé ou Guignolé, de son véritable
Fig. 33. — Le bienheureux Heldrade chusse les serpents. 110111 AVlll Wall (dl la-
tin, Guingaleus). Son
père, qui d’abord s’était opposé au désir qu’il avait d’embrasser la vie
4 mars. — SAINT CASIMIR.
monastique, se laissa toucher par sa persévérance, et le remit lui-même entre les mains de saint Budoc, un de ses compatriotes. Ce vénérable solitaire avait fixé sa retraite dans l’île des Lauriers (depuis l’île Verte), voisine de celle de Bréhat ; comme elle était infestée de serpents, il obtint de Dieu la grâce de la purger de ces dangereux reptiles. Ainsi fit plus tard, dans une vallée de Briançon, le bienheureux Heldrade, qui convertit à la foi les sauvages habitants de cette partie des Alpes. Budoc conçut une singulière estime pour le novice qu’on lui confiait; bientôt après, il l’envoya fonder, à la tête de onze religieux, une sorte de colonie dans l’îlot de Tudi, à l’embouchure de la rivière de Kemper.
Guennolé resta trois ans entiers sur ce rocher ; mais les vents furieux de l’ouest finirent par l’en chasser, et il choisit pour ses disciples un site boisé, non loin d’une anse de la rade de Brest. Telle fut l’origine du sanctuaire de Landevenec, école et monastère à la fois, et qui devint le foyer le plus actif en Bretagne de la propagande chrétienne. Notre saint en fut le premier abbé, et il y mit en pratique la règle de saint Colomban. Il mourut dans un âge avancé, le 3 mars, vers l’an 527.