SAINT PHOCAS
Syrien de nation, Phocas était un pauvre homme qui cultivait un jardin auprès de la ville d’Antioche; c’était tout son revenu et celui de sa famille. Quoique dénué de ressources, il aimait à faire le bien, et offrait volontiers l’hospitalité aux voyageurs nécessiteux. Sa charité lui avait acquis la meilleure renommée. Les chrétiens étaient alors en proie à la persécution, et ceux qui donnaient, comme Phocas, l’exemple des saintes vertus, étaient les premiers attaqués.
On envoya donc chez lui des soldats, chargés de le mettre à mort, sans autre forme de procès. D’abord ils l’accablèrent d’injures; puis, le voyant répondre avec douceur et sans trouble, ils entrèrent en doute s’il était bien l’homme qu’ils cherchaient. Quant à lui, il les invita à partager son humble repas et à attendre sous son toit jusqu’au lendemain, où il promettait de leur découvrir ce qu’ils voulaient savoir. Dans la nuit, il creusa sa fosse dans le jardin, prépara tout ce qui était nécessaire à sa sépulture, et se disposa à la mort. Quand le jour parut, il se présenta devant les soldats en disant : « Vous cherchez Phocas? Le voici devant vous. » Immobiles de surprise, ils hésitaient, car il leur répugnait de verser le sang de leur hôte ; mais, cédant à une lâche obéissance, ils lui tranchèrent la tête. Le martyre de Phocas a été placé le 3 juillet 303. Ce saint est en grande vénération chez les Grecs.
Un autre Phocas, martyr syrien, qui périt en 320 à Antioche, est honoré le 5 mars.