‹ La Vie des saintsChapitre 82 sur 536 · SAINTE COLETTE OU NICOLE · texte numérisé non relu

SAINTE COLETTE OU NICOLE

fois, il lui resta un certain air de majesté, de douceur et de modestie qui édifiait singulièrement tous ceux qui l’approchaient. Elle vivait chez ses parents comme elle eût fait dans une solitude, partageant son temps entre la prière et le travail des mains. Enflammée de la plus ardente charité, elle servait les pauvres et les malades avec une affection qui aurait suffi à diminuer leurs peines. En outre , l’étude des Livres saints la mit en état de faire des conférences spirituelles aux filles et aux femmes qu’elle avait soin d’assembler, ce qui produisit d’excellents résultats dans la ville d’Amiens.

Cette façon de vivre dura jusqu’à la mort de ses parents. Se voyant alors maîtresse du peu de bien qu’ils lui avaient laissé, elle en distribua la plus grosse part aux malheureux (1400), et prit un asile passager chez des béguines, femmes pieuses qui vivaient en communauté sans prononcer de vœux.

Elle entra ensuite chez les religieuses de Sainte-Claire, dites urbanistes, et visita quelques maisons de bénédictines. Ne trouvant pas encore dans ces divers états l’austérité quelle souhaitait, elle revêtit l’habit du tiers ordre de Saint- François ou de la Pénitence, et s’enferma dans une retraite écartée, qu’elle obtint de l’abbé et des habitants de Corbie pour y vivre en recluse. Elle fit les trois vœux de religion, en y ajoutant celui de la clôture perpétuelle. Après y avoir passé quatre aimées dans des mortifications d’une rigueur inouïe, elle se rendit à Nice auprès de Pierre de Luna, que la France regardait comme le pape légitime sous le nom de Benoît XIII. Ce pontife lui permit de prendre l’habit des clarisses,

Fig. 35. — Costume des béguines. D’après une gravure de Y Histoire de V origine des béguines belges.

avec le titre de supérieure générale, et de travailler à la réforme de l’ordre, tombé dans le relâchement.

De retour en son pays, Colette parcourut les diocèses de Paris, de Beauvais, de Noyon et d’Amiens, et rencontra partout de grandes difficultés; ce qui la fit partir pour la Savoie, où sa vertu éclatante et le don des miracles eurent bientôt amené quantité de filles de toutes conditions à son obéissance. La réforme qu’elle avait méditée fut peu à peu adoptée en France, en Flandre et en Espagne; elle l’introduisit, de son vivant, dans dix-sept couvents qu’elle fonda, et ces religieuses ainsi réformées eurent le nom de Pauvres Clarisses. Ce ne fut pas sans des travaux immenses, et toujours en proie à des douleurs cruelles, qu’elle atteignit son but, dont elle alla recevoir la récompense dans le ciel, le 6 mars 1447, à Gand. Pie VII la canonisa en 1807.

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