‹ La Vie des saintsChapitre 95 sur 536 · SAINTE GERTRUDE · texte numérisé non relu

SAINTE GERTRUDE

Pépin le Vieux, maire du palais des rois d’Austrasie, et Itta ou Idu-

Fig. 43. — Abbaye de Nivelle. Miniature, des Chroniques de Hainaut, ms. du XVe siècle.

berge, sa femme, qui furent l’un et l’autre placés au rang des bienheureux, eurent trois enfants, à savoir Grimoald, qui succéda à son père ; sainte Begga, mère de Pépin d’Héristal, et sainte Gertrude. Celle-ci naquit en 026, à Landen, berceau de sa famille. Les exemples qu’elle

avait tous les jours sous les yeux et les leçons de saint Modoald, son oncle, lui inspirèrent un grand amour pour Dieu et un vif attrait pour le célibat. Comme on la pressait de se marier, elle répondit en présence du roi Dagobert : « J’ai choisi pour époux celui dont la richesse et la beauté sont infinies. )>

Après la mort de Pépin, en 639, Itta fit construire à Nivelle un couvent, où elle se retira avec Gertrude, pour y mener une vie religieuse. Ce fut pour les filles nobles de la contrée une maison d’éducation et aussi un refuge contre la barbarie du siècle ; elles formèrent une congrégation et prirent le nom de chanoinesses. Quand Gertrude eut vingt-un ans, elle en devint la supérieure, par l’expresse volonté de sa mère, dont l’humilité s’accommodait mieux du dernier rang que du premier. La jeune abbesse gouverna sa communauté avec une rare prudence, soutenue du reste par les conseils de deux éminents prêtres irlandais, saint Foëlan et saint Ultan, à qui elle donna les moyens de bâtir un monastère dans le voisinage. A l’exercice presque continuel de la prière et de la méditation elle joignait les pratiques les plus austères de la pénitence. A trente ans, elle se démit de sa dignité en faveur de sainte Wulfetrude, sa nièce, et employa le peu de temps qu’elle vécut encore à se préparer à la mort, qui la frappa en 659.

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