MÉDITATION SUR LA VIE DE SAINT CHARLES BORROMÉE
LA charité de saint Charles Borromée s'étendait à tous les besoins temporels et spirituels de son diocèse. Il fonda des hôpitaux, des collèges et des séminaires; il catéchisait et confessait les pauvres. Et vous, hommes sans cœur, vous ne songez qu'à votre propre avantage. Encore oubliez-vous votre âme, pour vous occuper uniquement de vos intérêts temporels. Pourquoi êtes-vous si avare envers les pauvres ? Sachez que les richesses, dont vous êtes idolâtre, ne vous rendront heureux que lorsque vous les mépriserez, en les donnant aux pauvres pour l'amour de Jésus-Christ. Les richesses laisse?it pauvres ceux qui les aimeiit ; elles rendent riches et heureux ceux qui les méprisent pour Jésus- Christ. GUERRIC.
IL L'amour de l'oraison unissait si étroitement ce grand prélat avec Dieu, qu'on l'a vu quelquefois demeurer consécutivement huit heures en prières. Un jour, un homme pervers lui tira un coup d'arquebuse pendant son oraison ; il ne s'interrompit que pour défendre à ses serviteurs de poursuivre le criminel. Que nos oraisons sont différentes de la vôtre, ô grand saint ! La moindre chose nous donne des distractions. Obtenez-nous l'esprit de prière. C'est savoir bien vivre que de savoir bien prier. S. Augustin.
III. Il avait autant de haine pour lui-même que de charité pour son prochain. Ses jeûnes, ses disciplines, ses pèlerinages à pied, le cilice qu'il portait, même à son lit de mort, sont autant de preuves de son austérité. Comment traitez-vous votre corps ? Les mortifications que s'imposait ce prélat surchargé d'affaires, ne les méprisez-vous pas ? Ah ! craignez
qu'elles ne vous accusent au jour du jugement dernier.
Pratique : La charité. — Prière : Pour le collège des cardinaux.
Oraison.
SEIGNEUR, gardez votre Église par la continuelle protection de saint Charles, votre confesseur et pontife, et que l'intercession de ce saint, que sa sollicitude pastorale a conduit à la gloire éternelle, nous rende à jamais fervents dans votre amour. Par N.-S. J.-C.
5 Novembre. — SAINT ZACHARIE ET SAINTE ELISABETH.
Celui qui a, on lui donnera encore^ et il sera dans r abondance; mais pour celui qui n'a flas, même ce qu'il a lui sera ôté. — J.-C, en S. Matthieu, ch. xiij.
SAINT Zacharie, prêtre de l'ancienne Loi, et son épouse sainte Elisabeth ont eu l'honneur d'avoir pour fils saint Jean-Bapdste, précurseur du Messie. En dehors de ce que l'Evangile nous apprend sur l'apparition de l'ange à saint Zacharie, sur l'usage de la parole, perdu en punition de son incrédulité et recouvré à la naissance de saint Jean, sur les merveilles accomplies lors de la visite de la mère de Dieu, nous ne connaissons aucune particularité de la vie des deux augustes époux, sinon ceque saint Pierre d'Alexandrie rapporte de sainte Elisabeth: qu'elle se cacha dans une caverne de la Judée pour échapper à la persécution d'Hérode et qu'elle y mourut quelques années après, laissant son fils dans le désert sous la garde de la Providence.
Méditation. — Comment il faut user des
GRACES DE DlEU.
DIEU donne à tous les hommes des grâces suffisantes pour se sauver, s'ils en veulent profiter ; mais les chrétiens en reçoivent bien plus que les autres. Remerciez Dieu de ces grâces, surtout de la vocation au christianisme, qui est la source d'un grand nombre d'autres, et sachez que vous serez puni plus sévèrement que les païens, si vous ne profitez des grâces que Dieu vous accorde si généreusement. Nos péchés sont d'autant plus graves que la. grâce a été plus abo?idante en nous. S. Ces aire.
IL On abuse de la grâce quand on résiste à ses inspirations, que l'on diffère de lui obéir, ou que l'on refuse d'écouter ce qu'elle nous dit au fond du cœur. Ecoutez la voix de Dieu qui vous parle; pour l'entendre, fuyez le bruit du monde, calmez les tempêtes que les passions excitent dans votre âme, et après que vous aurez entendu l'appel de la grâce, obéissez sans différer. Marchez pendant que vous avez la lumière et ne remettez pas votre conversion à l'heure de la mort.
III. La récompense de ceux qui profitent des grâces de Dieu, c'est d'en recevoir de plus grandes, comme la punition de ceux qui en abusent, est d'être privés de celles qui leur étaient destinées. Prenez garde, la grâce que vous méprisez sera peut-être la cause de votre réprobation. Vous n'avez pas voulu travailler à votre salut quand vous le pouviez; la mort viendra et vousôtera la possibilité de rien faire pour votre âme. Une juste punition du péché à est de ne pouvoir plus pratiquer la vertu, après que Von a refusé de le faire lorsqu'on le pouvait, S. Augustin.
Pratique : Le respect des ecclésiastiques. — Prière : pour les prêtres.
Oraison.
FAITES, ô Seigneur, que nous soyons aidés par les prières de saint Zacharie et de sainte Elisabeth, afin que nous recevions par leur intercession ce que nous ne pouvons obtenir de nous-mêmes. Par N.-S. J.-C.
6 Novembre. — SAINT LEONARD, Confesseur.
Je vous donne ma paix, non pas comme le monde la donne. — J.-C, en S. Jean, ch. xiv.
O AINT Léonard quitta la cour du roi Clovis, qui x^j avait été son parrain, en disant qu'un jour passé dans la solitude valait mieux que mille ans passés à la cour des princes. Théodebert, fils de Thierry, roi de Metz, lui accorda le pouvoir de mettre en liberté certains prisonniers, en récompense du zèle qu'il déployait pour le soulagement des captifs, et l'amélioration de leurs mœurs. Il usa de ce privilège jusqu'à sa mort qui arriva vers l'an 559.