‹ La vie des saintsChapitre 113 sur 151 · MÉDITATION SUR LA FERVEUR · texte numérisé non relu

MÉDITATION SUR LA FERVEUR

IL faut toujours avancer dans le chemin de la vertu et de la perfection ; si vous voulez demeurer dans l'état où vous êtes, vous reculerez inévitablement, parce que le démon profitera du penchant naturel qui vous porte au mal, pour vous entraîner dans le précipice. Dites donc avec David : Ce que j'ai fait n'est rien encore, je commence seulement à servir Dieu. Puissiez-vous le dire en toute vérité ! Avez-vous bien commencé de vous donner à Dieu ? Quelle vertu avez-vous pratiquée ? De quelle mauvaise habitude vous êtes- vous corrigé ?

II. Prenez garde de vous relâcher dans vos pratiques de dévotion. Plusieurs au commencement de leur conversion, se donnent à Dieu de grand cœur ; mais leur ferveur, semblable à un feu de paille, s'éteint en un instant. Ne regardez point ce que vous avez fait, si ce n'est pour vous encourager à faire davantage ; pensez au chemin qui vous reste à parcourir. Pourquoi laisser refroidir votre première ferveur ? Quoi donc, Dieu n'est-il pas maintenant aussi aimable qu'il l'était quand vous vous attachiez avec tant d'ardeur à son service ? Avancez toujours,

ne vous arrêtez pas sur la rouie, ne vous écartez pas du droit chemin. S. Augustin.

III. Pour vous exciter à la ferveur, posez-vous de temps en temps à vous-même ces questions : Pourquoi suis-je en ce monde? Ai-je l'espérance d'entrer en paradis sans rien faire ? Que voudrais-je avoir fait à l'heure de la mort ? L'enfer est si horrible, le ciel si beau ; la vie est si courte, l'éternité si longue ! Travaillons sans nous lasser, en vue de cette éternité qui nous attend. Dans tout ce que vous faites, rappelez-vous vos fins dernières, et vous ne pécherez jamais. Ecclésiaste.

Pratique : La ferveur. — Prière : Pour les ordres contemplatifs.

Oraison.

ODIEU, qui vous vous êtes préparé un agréable séjour dans le cœur de la bienheureuse vierge Gertrude, daignez, en considération de ses mérites et de son intercession, effacer miséricordieusement les souillures de notre âme, et nous faire participer à son bonheur. Par N.-S. J.-C.

16 Novembre. — SAINT EDME, Évêque et Confesseur.

Le royaume de Dieu est au-dedans de vous. — J.-C., en S. Luc, ch. xvij.

SAINT Edme prit dès son bas âge la sainte Vierge pour mère ; il lui donna un anneau pour gage de la fidélité qu'il lui avait jurée. Comme il savait que saint Jean Pévangéliste est le favori de Marie et de Jésus, il l'invoquait tous les jours. Il portait un cilice lorsqu'il était encore écolier. Il

disait souvent : J'aimerai mes ennemis quand même ils me couperaient les bras et m'arracheraient les yeux; et en parlant du péché : Si, disait-il, je voyais l'enfer d'un côté et le péché de l'autre, je choisirais plutôt l'enfer que le péché. Il mourut en 1249.

Méditation. — Comment il faut régler son intérieur.

TOUTE la perfection du chrétien consiste à bien régler son intérieur. La vertu est dans l'âme et non pas dans le corps ; aussi n'y a-t-il personne qui puisse nous contraindre à commettre le mal, attendu qu'on ne saurait forcer notre volonté. Comment usons-nous de notre liberté? Sommesnous maîtres de nous-mêmes ? Ne prétextons-nous pas nos emplois, les occasions où nous nous trouvons, pour excuser nos fautes ? Nous pouvons être saints même au milieu des impies.

IL Quel soin prenez-vous de votre âme ? Combien de temps consacrez -vous chaque jour à votre salut ? Interrogez votre conscience. Ne vous répond-elle pas que vous sacrifiez votre âme à votre corps, en faisant tout pour l'un et rien ou fort peu de chose pour l'autre ? Pensez chaque jour, pendant quelques moments, à ce que vous devez et à ce que vous pouvez faire pour le salut de votre âme.

III. De toutes vos occupations, il n'en est pas de plus utile que le soin de votre salut, puisqu'il s'agit d'une éternité bienheureuse ; il n'en est pas de plus facile, puisque tout dépend de vous. Il n'est pas en votre pouvoir d'acquérir une grande fortune, d'être un savant distingué, d'avoir de l'esprit, de la santé; mais il ne tient qu'à vous d'être un saint. Faites ce qui est en votre pouvoir, et Dieu vous donnera

toutes les grâces nécessaires. Brisez les liens des occupations vaines do fit la succession ininterrompue vous ravit toute liberté. S. Eucher.

Pratique : La dévotion à la sainte Vierge. — Prière : Pour les serviteurs de Marie.

Oraison.

FWITES, ô Dieu tout-puissant, que l'auguste solennité du bienheureux Edme, votre confesseur pontife, augmente en nous l'esprit de piété et le désir du salut. Par N.-S. J.-C.

17 Novembre. — SAINT GREGOIRE LE THAUMATURGE, Évêque et Conf.

Celui qui croit en moi fera, les œuvres qice je fais et en fera 4e plus grandes encore. — J--C., en S. Jean, ch. xiv.

SAINT Grégoire, surnommé le Thaumaturge, à cause de ses nombreux miracles, s'enfuit en apprenant son élévation au siège de Néocésarée, mais il dut enfin se rendre à la vocation divine et aux sollicitations du peuple. Son épiscopat fut une suite ininterrompue de prodiges. On rapporte qu'il fit reculer une montagne pour fournir l'espace nécessaire à la bâtisse d'une église. Sur son lit de mort, il demanda combien il restait d'infidèles dans sa ville épiscopale ; et comme on lui répondait dix-sept : Grâces soient rendues à Dieu ! s'écria-t-il ; je ne laisse à mon successeur qu'autant d'infidèles que j'ai trouvé de chrétiens. Il expira vers l'an 270.

Page 1