‹ La vie des saintsChapitre 112 sur 151 · MÉDITATION SUR LE BONHEUR DES MECHANTS ET LES AFFLICTIONS DES JUSTES · texte numérisé non relu

MÉDITATION SUR LE BONHEUR DES MECHANTS ET LES AFFLICTIONS DES JUSTES

LES méchants ici-bas vivent souvent dans la prospérité et l'abondance. Dieu prévoyant qu'ils seront damnés pour leurs crimes, leur accorde cette félicité temporelle, pour récompenser quelques bonnes actions qu'ils ont faites. Heureux du siècle, tremblez et pleurez ! Dieu vous traite comme un malade désespéré, à qui le médecin permet tout ce qu'il désire. Ce sont des victimes qu'on prépare et qu'on couronne de fleurs, avant de les immoler. Minutius.

IL Les justes, au' contraire, sont souvent affligés en ce monde, parce que leur Père céleste ne veut pas que les biens de la terre leur enlèvent ceux du ciel. Réjouissez-vous donc, vous qui êtes pauvres

et affligés, puisque les afflictions qui vous font gémir sont une marque de prédestination. Vous vous attacheriez aux plaisirs de la terre, vous ne penseriez point aux délices du paradis, si vous aviez en ce monde tout ce que vous y souhaitez. Les maux qui nous accablent ici-bas nous pressent d ''aller à Dieu. S. Grégoire.

III. Le théâtre changera de scène et pour le juste et pour l'impie. L'impie s'est réjoui pendant sa vie ; une tristesse éternelle succédera à cette joie d'un moment. Justes, vous avez été dans la tribulation ; consolez-vous, Dieu vous comblera d'une joie éternelle; il faut nécessairement souffrir en ce monde ou en l'autre. Les choses doivent changer de face : ils se réjouissent et nous sommes dans la tristesse ; pleurons donc pe?idant qu'ils sont dans la /oie, afin d'être dans la joie lorsqu'ils verseront des larmes, Tfrtullien.

Pratique : La patience. — Prière : pour ceux qui sont affligés.

Oraison.

QUE la bienheureuse Vénérande, vierge et martyre, implore pour nous votre miséricorde, elle qui vous a toujours été agréable par le mérite de la chasteté et par son courage à confesser votre Nom. Par N.-S. J.-C.

15 Novembre. — SAINTE GERTRUDE, Vierge.

Ne soyez i>oint lâche dans votre devoir : conservez-vous dans la ferveur de l'esprit, souvenez-vous que c'est le Seigneur que vous servez. — S. Paul aux Romains, ch. xij.

SAINTE Gertrude, abbesse du monastère de Heldelfs, avait une si basse opinion d'elle-même qu'elle s'étonnait que Dieu voulût la supporter. L'ex-

tase,chez elle, était presque un état habituel. Un jour qu'on chantait à l'église '.J'ai vu le Seigneur face à face, elle vit comme une face divine d'une éclatante beauté dont les yeux percèrent son cœur et remplirent son âme de délices ineffables. Elle a laissé, sous le titre de Révélations, un livre éminemment utile aux âmes contemplatives. Sa dernière maladie ne fut, à proprement parler, qu'une langueur produite par l'amour divin qui consumait son âme. Elle mourut en 1334.

Page 1