‹ La vie des saintsChapitre 140 sur 151 · MÉDITATION SUR LES SOUFFRANCES · texte numérisé non relu

MÉDITATION SUR LES SOUFFRANCES

NOUS avons souvent offensé Dieu, et nous ne voulons rien souffrir pour apaiser sa colère ! Nos péchés nous ont mérité l'enfer, et lorsque Dieu, pour nous épargner des tourments éternels, nous envoie de courtes et légères épreuves, nous nous répandons en plaintes et en gémissements. Quel damné n'accepterait avec plaisir la faveur qui nous est faite? Souffrez donc dans cette pensée : Ce que j'endure est peu de chose en comparaison de l'enfer que j'ai mérité.

IL Les souffrances de cette vie sont peu de chose en comparaison des consolations que Dieu nous envoie, lorsque nous souffrons courageusement pour l'amour de lui. Ces consolations sont si grandes, qu'elles émoussent l'aiguillon de la douleur ; si les saints pleurent dans les solitudes, c'est de joie ; s'ils se plaignent sur les échafauds, c'est le plus souvent parce que l'abondance des consolations divines les empêche de goûter le fiel et l'amertume de la douleur.

III. Que nos souffrances sont peu de chose, si nous les mettons en parallèle avec la gloire qui leur est promise ! Pour un moment de douleur, une éternité de plaisir ! En outre, la douleur n'est jamais universelle ; toujours elle est accompagnée de quelque consolation. La joie, au contraire, sera universelle et sans mélange d'aucune douleur. Que nos souffrances paraîtront légères si nous pensons à ces trois vérités : Les souffrances de cette vie ne sont rien en comparaison des fautes qîie ?ious avons co?n?nises,

rien e?i comparaison des consolations qui nous son/ prodiguées, et de la gloire qui nous est promise S. Bernard.

Pratique : La patience. — Prière : Pour les affligés.

Oraison.

F^AITES, nous vous en prions, ô Dieu tout-puissant, que l'intercession du bienheureux Némésion, votre martyr, dont nous honorons la naissance au ciel, nous fortifie dans l'amour de votre saint Nom. Par N.-S. J.-C.

20 Décembre. — SAINT DOMINIQUE, Abbé.

U afflictio7i et le désespoir accableront tout homme qui fait le mal. — S. Paul aux Romains, ch. ij.

SAINT Dominique de Silos apprit à servir Dieu en gardant les brebis de son père. Pour mieux se sanctifier, il se retira dans le désert et prit l'habit de saint Benoît. On l'envoya à Milan, où il résista courageusement à Gardas, roi de Navarre, qui voulait enlever les trésors de l'église Cet acte de courage le fit reléguer en Castille où il devint abbé de Silos. Il délivrait, par ses prières, les esclaves de la main de leurs ennemis. Il mourut en 1073, et une troupe d'enfants vit son âme s'envoler au ciel.

Méditation sur les trois peines du péché.

LE péché est la punition du pécheur, comme la vertu est la récompense du juste. Le pécheur porte toujours avec lui son bourreau, le remords torture son âme et lui enlève le bien suprême de

l'homme, la paix de la conscience. Sans cette paix il n'y a pas de plaisir, avec elle il ne peut y avoir de tristesse. Les pécheurs ne peuvent échapper au châtiment, même ici-bas ; quoique le jour de la justice ne soit pas venu, le châtiment commence là oie commence le crime. S. Cyprien.

IL La seconde peine du péché, c'est qu'il déshonore le pécheur aux yeux de tous les hommes vertueux. C'est pour échapper à la honte et au déshonneur, que celui qui fait le mal hait la lumière et recherche les ténèbres. Le pécheur est en outre méprisé par les méchants mêmes et par les complices de ses crimes : tant l'amour de la vertu et la haine du vice sont profondément enracinés dans le cœur humain.

III. La troisième punition du pécheur vient de Dieu. Il punit le péché en ce monde par les maladies, la pauvreté, la peste, la guerre. Tout ce que vous souffrez est une punition ou du premier péché d'Adam, ou de quelque péché que vous avez commis. Mais que les supplices de l'autre vie sont bien plus effroyables encore. Vous ne pouvez les concevoir ici-bas, mais peut-être les éprouverez-vous un jour. Vous verrez combien il est amer d'avoir abandon?îê le Seigneur, votre Dieu. Jérémie.

Pratique : La fuite du péché. — Prière : Pour ceux qui sont en état de péché.

Oraison.

SEIGNEUR, que l'intercession du bienheureux Dominique, abbé, nous rende agréables à vos yeux, afin que nous obtenions par ses prières, ce que nous ne pouvons espérer de nos mérites. Par N.-S. J.-C.

21 Décembre. — SAINT THOMAS, Apôtre.

Parce que vous avez vu, T/iomas, vous avez. cru; heureux ceux qui rt ont point vu et qui ont cru. — J.-C, en S. Jean, ch. xx.

SAINT Thomas de pécheur devint apôtre. Il ne voulut point croire que Jésus fût ressuscité avant de l'avoir vu. Le Sauveur lui apparut et lui fît mettre la main dans ses plaies adorables, et alors il s'écria : Je vous reconnais pour mon Seigneur et pour mon Dieu. Il alla prêcher l'Évangile aux Indes Orientales, où il fut martyrisé.

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