‹ La vie des saintsChapitre 22 sur 151 · MÉDITATION SUR LES TENTATIONS ET SUR LES MOYENS DE LES VAINCRE · texte numérisé non relu

MÉDITATION SUR LES TENTATIONS ET SUR LES MOYENS DE LES VAINCRE

DIEU permet au démon de nous tenter, afin d'éprouver notre vertu et d'accroître notre récompense; mais il ne permet jamais que nous soyons tentés au-delà de nos forces. Nous pouvons résister, si nous le voulons; le démon peut nous pousser au mal, mais il ne peut pas nous contraindre à le commettre : nous avons toujours la liberté et les grâces nécessairespour lui résister. Le démoti peut bien aboyer, exciter, niais il ?ie peut nous mordre ; il nous tente par la persuasion et 71011 par la violence ; il ne jorce pas notre consentement, il le demande. S. Augustin.

II. Nous nous tentons nous-mêmes, en donnant toutes sortes de libertés à nos sens, en flattant notre corps et en le laissant dans l'oisiveté et les délices. Nous tentons les autres en les excitant au péché par nos paroles et par nos exemples. Nous forçons le démon à nous tenter en lui fournissant les occasions de le faire : car il se sert de ce que nous avons lu dans un mauvais livre, de ce que nous avons vu, de ce que nous avons dit ou entendu dire, pour nous pousser au péché. Pourquoi serait-il permis d'entendre ce que V on ne peut faire sans péché? Tertullien.

III. Saint Pierre nous enseigne trois moyens de résister aux tentations: la sobriété, la vigilance et la foi. Soyez sobre, et vous éloignerez presque toutes les tentations contre la chasteté ; veillez sur vos actions, et vous découvrirez facilement les embûches que le démon vous dresse; enfin soyez homme de foi, et la foi vous rendra victorieux de tous vos ennemis : car celui-là ne peut être vaincu, qui croit à l'enfer

qui est la punition du péché, et au ciel qui est la récompense de la vertu.

Pratique : La force et la générosité. — Prière : Pour ceux qui sont tentés.

Oraison.

ODIEU, Père des miséricordes, en vue des mérites. et de l'intercession du bienheureux Jérôme que vous avez donné pour soutien et pour père aux orphelins, faites-nous la grâce de garder fidèlement l'esprit d'adoption, en vertu duquel nous nous appelons et nous sommes en effet vos enfants. Par N.-S. J.-C.

21 Juillet. — SAINTE PRAXEDE, Vierge.

Celui qui aura rougi de moi et de mes paroles, le Fils de f homme rougira de lui, lorsqîiil viendra dans sa majesté. —J.-C, en S. Luc, ch. ix.

SAINTE Praxède, sœur de sainte Pudentienne, édifia Rome par sa grande charité. Les chrétiens emprisonnés par ordre de Marc-Antonin étaient surtout l'objet de sa sollicitude. Elle les visitait et leur procurait des secours et des consolations. Elle désirait vivement partager leurs souffrances, mais Dieu en avait disposé autrement. Voyant que la persécution continuait à sévir, elle demanda à Dieu de la faire mourir. Sa prière fut exaucée : elle alla recevoir dans le ciel la récompense de sa charité, l'an du Christ 164.

MÉDITATION. — De trois tentations.

BEAUCOUP de chrétiens se laissent détourner de la pratique de la vertu par des difficultés purement imaginaires. Pour être saint, il n'est pas besoin d'avoir un grand esprit ni une longue expérience ; il ne faut pas même essuyer les fatigues que vous redoutez. Dans un moment, si vous le voulez, vous pouvez être l'ami de Dieu. Votre vie est trop courte pour devenir un grand philosophe; mais elle est assez longue pour devenir un grand saint. Si le monde en a eu la première partie, que la dernière au moins soit consacrée au Seigneur. Respectez votre vieillesse ; reconnaissez Dieu au terme de votre existence, et que la fin de votre vie soit le commencement de votre salut. S. Clément d'Alexandrie.

II. Ne vous laissez pas arrêter par le nombre des difficultés qui se présenteront à votre imagination ; pensez à bien faire l'action que vous avez commencée. Pour vivre saintement, il faut bien employer le temps présent et faire sans retard ce que Dieu veut que vous fassiez. A chaque jour suffit sa peine: ne songez pas au lendemain ; vivez comme si vous deviez mourir aujourd'hui.

III. Mais quedira-t-on si je change de vie? Que dira Jésus-Christ si vous craignez plus les paroles des hommes que ses menaces? Que diront les saints de vous voir craindre une raillerie plus qu'ils n'ont redouté les supplices ? Que direz-vous au jour du jugement si vous êtes damné pour avoir craint de vous exposer aux sarcasmes des hommes ? Pensez donc à bien faire et laissez dire les impies. Ceux qui vous méprisent et vous raillent à présent, vous porteront envie et vous estimeront durant toute l'éternité.

Pratique : La confiance en Dieu. — Prière : Pour ceux qui sont tentés.

EXAUCEZ-NOUS, ô Dieu, notre Sauveur, et t que la fête de la bienheureuse Praxède, votre vierge, en réjouissant notre âme, l'enrichisse des sentiments d'une tendre dévotion. Par N.-S. J.-C.

22 Juillet.— SAINTE MARIE MAGDELEINE.

Beaucoup de péchés lui sont remis parce qu^ elle a beaucoup aimé. — J.-C, en S. Luc. ch. vij.

VOYEZ cette illustre pénitente arrosant de ses larmes les pieds du Sauveur et les essuyant avec ses cheveux. C'est Magdeleine, autrefois l'esclave de l'amour profane, et maintenant l'épouse de Jésus. Elle l'accompagne sur le Calvaire ; elle se rend au tombeau pour embaumer son corps; elle se prosterne aux pieds du Sauveur ressuscité ; et après sa glorieuse ascension, elle se retire dans la solitude pour pleurer jusqu'à la mort des péchés qu'elle sait lui avoir été remis. Si vous avez imité ses égarements, imitez sa pénitence. Aimez beaucoup, pour qu'il vous soit beaucoup pardonné.

Méditation sur les larmes de sainte Marie Magdeleine.

LES premières larmes de Magdeleine furent des larmes de contrition. Pressée par la douleur d'avoir offensé Dieu, elle cherche Notre-Seigneur, le trouve dans la maison du publicain où elle fait une -confession publique de ses péchés. A partir de cet

instant elle renonce à ses plaisirs criminels et change de vie. Heureuses larmes, qui avez effacé les péchés de Magdeleine ! Mes yeux, quand pleurerez-vous les désordres de ma jeunesse? Pourquoi différer ma conversion? Monde, plaisirs, honneurs, jevousquitte pour toujours; laissez-moi désormais pleurer mes péchés. Laissez-moi donc îi?i instant afin que je gémisse. Job.

II. Magdeleine versa des larmes de compassion lorsqu'elle vit Jésus entre les mains des bourreaux. Elle l'accompagna jusqu'au Calvaire ; elle demeura au pied de la croix et mêla ses pleurs au Sang adorable de Jésus. Nous voyons chaque jour notre divin Sauveur attaché à la croix, chaque jour nous méditons sa Passion; pourquoi donc notre cœur demeuret-il insensible à ses souffrances? Pourquoi nos yeux ne versent-ils point de larmes ? Ah ! c'est que nous n'avons pas pour Jésus le même amour que Magdeleine. La foi de cette femme fut grande, son amour ardent, son repe7itir sincère. S. Laurent Justinien.

III. Le désir de voir Jésus, après sa résurrection, lui fait arroser de ses larmes le tombeau du divin Maître. Le désir de le contempler dans le ciel, la fait soupirer et gémir dans la grotte où elle s'est retirée. Elle pleure nuit et jour, parce que son exil est prolongé et qu'il ne lui est pas permis de s'unir à son Bien-Aimé. On verse des larmes pour une bagatelle ; mais qui donc pleure sur la perte de Jésus ? Qui pleure sur son éloignement ?

Pratique : La pénitence. — Prière : Pour la conversion des pécheurs.

Oraison.

ODIEU, qui, à la prière de la bienheureuse Marie Magdeleine, avez ressuscité son frère Lazare, mort depuis quatre jours, faites-nous ressen-

tir les effets de sa puissante intercession. Vous qui, étant Dieu, vivez et régnez dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

23 Juillet. — SAINT APOLLINAIRE de Ravenne, Évêque et martyr.

Vous, mes frères, reprenez les inquiets, consolez les pusillanimes, soutenez les faibles, soyez patients envers tous. — S. Paul aux Thessaloniciens, ch. v.

SAINT Apollinaire fut sacré évêque par saint Pierre dont il était disciple, et envoyé à Ravenne pour y prêcher l'Évangile. Il guérit plusieurs malades et convertit un grand nombre de païens. Le démon excita contre lui les prêtres des idoles, qui le firent chasser de la ville. Il revint à Ravenne et s'y tint caché pendant longtemps, moins pour éviter le martyre que pour instruire ses néophytes et les confirmer dans la foi. Il mourut en l'an 91.

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