MÉDITATION SUR LE BON EMPLOI DU TEMPS
LE temps passé n'existe plus que dans votre souvenir. Où sont ces belles années de votre jeunesse? Que vous en reste-t-il, sinon le triste souvenir des plaisirs criminels que vous avez goûtés, ou bien la joie des actions vertueuses que vous avez pratiquées ? Ah ! ma vie s'est écoulée comme un torrent, elle a passé comme un songe; il n'a tenu qu'à moi d'amasser des trésors pour le ciel, et je ne l'ai pas fait! Où sont maintenant ces partisans du monde que vous avez vus dans les richesses et dans
les plaisirs ? Ils ont passé ici-bas, et maintenant ils sont peut-être en enfer.
IL Le temps présent est entre nos mains; employons-le plus saintement que le passé. Ce temps n'est qu'un moment, mais ce moment nous doit mériter une éternité de bonheur ou de malheur. Dieu ne demande de moi que ce moment ; le lui refuserai je? Quand il faudrait souffrir une éternité pour jouir de Dieu, quel sujet aurions-nous de nous plaindre?
III. Le temps à venir est incertain; vous ne savez pas combien il en reste dans le sablier qui doit mesurer votre vie. Vous ne pouvez pas vous, promettre de vivre un seul moment. Malheureux ! à quoi bon tant de vains projets? Il n'y a qu'une résolution à prendre. Employez bien le temps que vous avez; passez cette heure comme si c'était la dernière de votre vie; imprégnez-vous de cette pensée tous les matins, et vous n'aurez point de peine à concevoir une grande douleur de vos péchés, et à bien employer votre temps.
Pratique: Le bon emploi du temps. — Prière : Pour les missionnaires.
ODIEU, qui nous donnez chaque année un nouveau sujet de joie dans la solennité du bienheureux Hyacinthe, votre confesseur, accordeznous dans votre bonté, d'imiter les exemples de celui dont nous célébrons la naissance au ciel. Par N.-S. J.-C.
Le même jour. — SAINT ROCH, Confesseur.
Les peuples se lèveront contre les peuples, les roy mimes contre les royaumes, et il y aura des pestes et des famines et des tremble??ients de terre e7i divers liezix. — J.-C, en S. Matthieu, ch. xxiv.
SAINT Roch, après la mort de ses parents, qui étaient seigneurs de la ville de Montpellier, vendit ses biens et en distribua le prix aux pauvres. Une peste s'étant déclarée en Italie, il se rendit dans ce pays pour se dévouer aux victimes de ce terrible fléau. Il en guérit un grand nombre par le signe de la croix. Dieu récompensa son dévoûment en le guérissant lui-même, par l'entremise d'un ange, d'une blessure qu'il avait reçue. Tombé malade dans un bois, il reçut tous les jours un pain que lui apportait le chien d'un gentilhomme. De retour à Montpellier, il fut pris pour un espion et jeté en prison. Il y demeura cinq ans et y mourut de la peste, en 1327.
MÉDITATION SUR TROIS FLEAUX DE DlEU.
LA peste, la guerre et la famine sont les trois fléaux dont Dieu a coutume de se servir pour châtier les hommes et les rappeler à leurs devoirs. Si Dieu vous envoie ces fléaux ou quelque autre affliction, dites ce que disait saint Loup au roi Attila, le fléau de Dieu : Soyez le bienvenu, nous vous désirions. Nous nous laissons corro?7ipre par la prospérité, et Dieu, pour nous corriger, nous envoie des adversités. Salvien.
II. Dieu frappe ceux qu'il aime ; il les visite souvent par les maladies, les humiliations et les revers de fortune, afin de les détacher des créatures. Il les
éprouve par le feu de la tribulation, comme on éprouve l'or dans la fournaise. Il commue en afflictions passagères les supplices rigoureux du purgatoire. Après cela, ô mon Dieu, me plaindrais-je des souffrances que vous m'envoyez ?
III. Les méchants, au contraire, jouissent de toutes sortes de prospérités. Les richesses, les plaisirs et les honneurs les environnent de toutes parts. Ne vous en étonnez pas, ils ont leur paradis en ce monde : Dieu, qui est juste et qui ne laisse rien sans récompense, leur donne des biens en cette vie, pour les récompenser de quelques bonnes actions qu'ils ont faites. Pauvres malheureux, vous vous réjouissez de votre prospérité, et vous ne voyez pas qu'elle est pour vous un signe de réprobation ! C'est une marque de la colère de Dieu, que le pécheur ne soit pas puni ici-bas ; s'il épargne en ce monde, c'est pour châtier dans Vautre. S. Bernard.
Pratique : La patience. — Prière : Pour les malades.
Oraison.
SEIGNEUR, nous vous en supplions, environnez sans cesse votre peuple de votre miséricordieuse protection, et, en vue des mérites du bienheureux Roch, préservez-le de toute contagion, tant du corps que de l'âme. Par N.-S. J.-C.
17 Août. — SAINT MAMMES, Martyr.
Toute la gloire est comme la fleur de F herbe. L'herbe a séché et la fleur est tombée : mais la parole du Seigneur demeure éternellement. — S. Pierre, Epître i, ch. j.
SAINT Mammès, fils d'un berger de Césarée en Cappadoce, unit la piété à la pauvreté, et couronna par un glorieux martyre une vie toute de souffrances et de privations. Ses vertus ont été célébrées par deux grands docteurs de l'Église : saint Basile et saint Grégoire de Nazianze. Ce dernier raconte, comme le tenant d'un témoin oculaire, que, dans leur jeunesse, Julien l'Apostat et son frère Gallus entreprirent de bâtir, chacun par moitié, une église sur le tombeau de saint Mammès ; mais après d'inutiles efforts pour asseoir les fondements de la partie échue à Julien, il fallut renoncer à l'entreprise.